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CONTRE LES HACKERS, PROTÉGEZ VOTRE ENTREPRISE EN 7 POINTS

Souvent peu protégées, les PME sont particulièrement visées par les hackers. Etat des lieux des bonnes pratiques en matière de cybersécurité.

Peu ou mal protégées, explique l’assureur Hiscox, les PME représentent pour les hackers une porte d’entrée facile vers des partenaires et clients de plus grande taille, qui peuvent avoir des volumes de données plus intéressants à dérober.» Selon une étude réalisée par Symantec, 77% des cyberattaques ayant touché la France en 2014 ont ainsi ciblé des PME. Check-list des actions à mener pour éviter d’être la prochaine victime…

1. Faire un état des lieux de ses données sensibles (données clients, plans stratégiques…) susceptibles d’intéresser les hackers.

2. Sensibiliser les employés aux risques de piratage, pour favoriser l’émergence de bonnes pratiques : sécurisation des mots de passe et des ordinateurs personnels en cas d’utilisation professionnelle, accès à distance…

3. Réaliser un audit technique du système informatique au moins une fois par trimestre. Ces mesures de prévention permettront, en cas d’attaque, de détecter plus rapidement la source et d’éviter ainsi sa propagation.

4. Mettre en place différents niveaux de sécurité et créer des identifiants. Veiller à ce à quoi les employés ont accès. Vérifier la fiabilité des sous-traitants et hébergeurs cloud. Ils doivent respecter le principe de privacy by design rendu obligatoire par le règlement européen GDPR (General Data Protection Regulation) et signer la charte de qualité de l’UE.

5. Désigner un délégué à la protection des données. Ce poste est obligatoire depuis la mise en vigueur de la réglementation GDPR.

6. Mettre en place un plan de réponse en cas de cyberattaque. L’information des clients est obligatoire afin de protéger la réputation de l’entreprise, de préserver ses relations commerciales et d’éviter les pertes financières.

7. S’entourer d’experts : l’accompagnement par des professionnels de l’informatique pour un diagnostic du système en amont et, au pire, en cas de cyberattaque, est bien sûr nécessaire. Il ne faut pas oublier l’importance du conseiller en communication pour maintenir la réputation de l’entreprise et d’un avocat pour gérer les relations avec les tiers.

source: www.capital.fr

reportage de cash investigation : révélateur d’une économie française sous domination étrangère

voila quelques temps que je n’avais pas pris la plume concernant l’actualité économique. le reportage de cash investigation diffusé le 3 mars 2015 sur france 2 a mis en lumière un phénomène déjà présent depuis une bonne dizaine d’années dans notre économie: la dépendance de notre économie vis à vis des fonds de pensions américains.

Thierry Ardisson, le 25 septembre 1999 disait déjà, « tout le monde le sait, ce sont les fonds de pension américains qui gouvernent la France ». Bernard Pivot, le 26 septembre 1999, « on dégraisse les ouvriers français pour engraisser les retraités américains ». Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, le 12 septembre 1999, « les fonds de pension n’ont aucune moralité ! Ce qui les intéresse, c’est leur taux de rentabilité pour leurs actionnaires »

que faisons nous depuis la fin des années 90 pour corriger le tir ? pas grand chose….la bpi….c’est timide comparé à la puissance des milliers de milliards des fonds de pensions américains qui pompent le cash des fleurons français pour les démanteler et les délocaliser.

le débat au delà du fait de notre gouvernance économique et de notre indépendance vis à vis des états-unis est la problématique de l’emploi. eh oui ce phénomène détruit nos emplois industriels de façon massive venant garnir notre armée de chômeurs.

pourtant une solution à ce problème d’envergure est toute trouvé : l’épargne financière des français est de 4000 milliards d’euros ! placés dans les livret A, LDD, PEL, assurance vie peu rémunérateurs l’argent dort en France alors qu’il pourrait financer l’économie française, la développer, lui faire retrouver son influence d’antan.

mais pour cela il faudrait procéder à une reforme structurelle majeure : instaurer les fonds de pension de retraite en France et ainsi ouvrir la voix à la retraite par capitalisation. oh mon dieu quels mots ai-je osé prononcer ? des gros mots oui pour résoudre les gros MAUX de la France. quel homme politique aurait le courage de casser notre système de retraite instauré en 1945 en déliquescence ?  la France se meurt et personne n’a le courage de faire les véritables réformes structurelles qui boosterait de façon systémique notre économie.

les sparadraps, la baisse du cours du pétrole, et la baisse du cours de l’euro ne suffiront pas à diminuer le chômage.

ces fonds de pensions français pourraient aussi permettre de se réapproprier notre dette d’état afin de diminuer les risques d’avoir une politique économique et sociale dicté par d’autres puissances étrangères.

Un rapport en 2013 de Paris Europlace qui fédère la Caisse des dépôts, la Banque de France, la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, la Fédération bancaire française, Euronext, la région Île-de-France, et la mairie de Paris fait le même constat mais élude complétement la question de la retraite par capitalisation avec fonds de pensions de retraite dans la recherche de solutions. c’est un grand manque de discernement ou bien un courant politique français (libéral) manquant.

source : http://www.paris-europlace.net/files/Rapport_FINECO_Paris_EUROPLACE.pdf

en effet qui représente le courant libéral en France ? personne ! il y avait un temps Mr madelin mais celui-ci a abandonné la politique.

entendons-nous…..libéral en France c’est le parti démocrate aux états-unis 🙂

dans un échiquier politique où les français sont de plus en plus tentés par les extrêmes car les partis de gouvernement n’ont aucun courage politique et aucunes solutions à apporter à nos MAUX ils seraient peut être temps que ceux-ci se réforment pour sauver notre économie.

en effet, combien de fois l’actualité économique nous montre la déliquescence de notre modèle ? et pourtant rien est fait….délocalisation, chute de notre compétitivité, déficit de notre balance commerciale abyssale, explosion du chômage, aéroports vendus aux chinois, nos fleurons industriels vendus à des fonds de pensions étrangers qui détruit l’emploi…..alerte rouge ! RÉFORMEZ !

 

 

Le traité transatlantique va réorganiser le commerce mondial au profit des Etats-Unis

Le traité transatlantique, voulu par les Etats-Unis, va aboutir à définir des normes mondiales pour les produits industriels. Elles s’imposeront ensuite aux autres accords commerciaux, avec la zone pacifique, notamment. par Thomas Porcher et Frédéric Farah, économistes et auteurs de « TAFTA : l’accord du plus fort (éd. Max Milo) »

Le projet du grand marché transatlantique est en préparation depuis plus de vingt ans, mais il a subi une nette accélération depuis 2009. Cette accélération des négociations s’est faite dans un contexte de bouleversement économique et géopolitique mondial avec la montée en puissance de la Chine et d’autres pays émergents. Mais, dans cette alliance stratégique visant à redéfinir la gouvernance économique mondiale, l’Europe semble être le pion des États-Unis.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États ont essayé de donner des règles au commerce international. Afin que l’ensemble des pays soient traités sur un pied d’égalité, le GATT a mis en place un certain nombre de principes : réciprocité, transparence et diffusion de la clause de la nation la plus favorisée. Cette clause veut que lorsqu’un pays accorde une faveur, notamment tarifaire, à un autre pays, il l’accorde à tous les pays commerçant avec lui et que les producteurs étrangers soient soumis aux mêmes règlementations que les producteurs nationaux. Le but du GATT, puis de l’OMC, était clairement affiché : développer un cadre pour favoriser le multilatéralisme.

Un multilatéralisme de façade

Mais derrière les beaux principes de fond comme de forme – négociations transparentes et mobilisation du plus grand nombre de pays -, le multilatéralisme n’a jamais eu lieu. Les pays riches ont souvent établi l’ordre du jour des négociations et ont fait en sorte de sortir vainqueur dans le marchandage des règles à fixer. Par exemple, ils ont toujours accepté de libéraliser les secteurs nécessitant des technologies (car eux seuls les avaient) et ont refusé d’ouvrir les secteurs où ils pouvaient être concurrencés (agriculture et textile). Même droit ne veut pas dire même possibilité. Le multilatéralisme prôné par le GATT, puis par l’OMC, n’efface pas la domination des pays riches. Il faut être bien naïf pour penser que dans les rounds de négociations, le Mali a autant de pouvoir que les États-Unis ou le Royaume-Uni.

La réalité est que si l’on considère l’Europe comme un pays, les négociations de l’OMC ressemblaient plus à des discussions bilatérales. Les chiffres l’attestent : jusqu’à la fin des années 80, les trois quarts du commerce des pays industrialisés étaient réalisés avec d’autres pays industrialisés.

Une véritable « pactomanie » commerciale

Ce multilatéralisme de façade ne profitant qu’à une poignée de pays va être perturbé par l’entrée de la Chine à l’OMC en 2001. Alors que la plupart des dirigeants américains ou européens, pensant que les exportations de leurs pays allaient envahir la Chine, avaient soutenu son entrée, on a assisté à un mouvement de délocalisation des entreprises de ces pays vers la Chine. D’autres pays émergents comme le Brésil et l’Inde font leur place dans le commerce international et ne laissent plus les européens ou les américains leur imposer l’ordre du jour des négociations à l’OMC, comme l’a montré récemment le veto de l’Inde à l’accord de Bali. Dans le commerce mondial, la part relative des échanges nord-nord s’affaiblit tandis que le poids des pays émergents continue de croitre.

C’est dans ce contexte que l’on assiste à une tentative de rapprochement des États-Unis avec la Chine. Mais, malgré des relations d’interdépendance économique et financière, une entente sur les normes de production semble sans avenir tant les processus de production diffèrent. Et puis la Chine est un rival économique et militaire. Les États-Unis, par-delà un budget militaire sans équivalent, développent une véritable diplomatie commerciale. Ils veulent promouvoir, après la pactomanie de la guerre froide – c’est-à-dire des alliances militaires pour endiguer l’URSS pendant cette période -, une pactomanie commerciale : deux immenses traités avec les puissances du Pacifique et de l’Europe pour contenir la Chine.

Le traité transatlantique va aboutir à des normes mondiales

Mais les multinationales des États-Unis n’avaient pas intérêt à ce que le traité transpacifique soit signé avant le traité transatlantique. En effet, les pays du Pacifique connaissent généralement des normes de production et de consommation moins contraignantes que les normes américaines (les négociations portent en général sur une diminution de la contrainte des normes, comme auparavant sur la diminution des droits de douane). Un succès des négociations avec les pays du Pacifique, par l’instauration de normes moins contraignantes, aurait amené les grandes entreprises américaines à s’ajuster sur les normes des pays du Pacifique et à en subir les coûts d’ajustement.

Il faut donc commencer par l’Europe. Car l’établissement de normes communes (normes de consommation et de production) entre les États-Unis et l’Europe en feront des normes mondiales, y compris pour le Pacifique, y compris pour la Chine. Le marché transatlantique sera ainsi le producteur de normes mondiales (standards maker). Il sera alors possible pour le gouvernement américain de négocier avec les pays du Pacifique sans devoir abaisser sa réglementation – valant désormais pour tous les pays – donc sans mutation majeure des techniques américaines de production. Les grandes entreprises des pays industriels du Pacifique seront alors en position de standards taker et devront adapter leurs techniques sous peine d’être exclues des marchés européen et américain.

source : http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20141106trib47501fa01/le-traite-transatlantique-va-reorganiser-le-commerce-mondial-au-profit-des-etats-unis.html

Lobbies du tabac: deux députés PS et UDI déposent un amendement avantageant Philip Morris

Le centriste Charles de Courson et le socialiste Jean-Louis Dumont proposent un amendement qui avantage le fabricant de Marlboro. Et fait perdre 120 millions d’euros à l’Etat.

A l’Assemblée nationale, l’industrie du tabac a toujours de belles entrées. Les discussions pour le projet de loi de finances de 2015 ont débuté la semaine dernière. Et les débats publics commencent jeudi matin dans l’hémicycle. Deux députés, de l’opposition et de la majorité, ont déposé exactement le même amendement (ici et ici) pour modifier la fiscalité sur les cigarettes. Le socialiste Jean-Louis Dumont et le centriste Charles de Courson, souhaitent limiter les taxes sur le tabac alors qu’elles doivent augmenter au 1er janvier prochain. Concrètement, ce texte conduit à ce qu’une partie des taxes sur le tabac n’augmente plus mécaniquement avec la hausse des prix.

La semaine passée, le député socialiste élu de la Meuse s’était déjà vu refuser en commission sa proposition par la rapporteure du Budget, la députée PS Valérie Rabault. « Votre amendement avantagerait certaines marques de tabac par rapport à d’autres » avait-elle lancé à Jean-Louis Dumont. En clair, il réduirait la fiscalité pour le géant Philip Morris sans agir sur celle de ses concurrents. Selon l’un d’entre eux, le manque à gagner pour l’Etat serait de 120 millions d’euros!

« Les lobbys jouent leur rôle »

Cette proposition « garantira une meilleure protection des recettes fiscales de l’Etat des politiques tarifaires des fabricants de cigarettes », assurent les deux parlementaires dans leur exposé écrit. Mais par oral, leurs explications sont plus fumeuses. « Oui, j’ai discuté avec les cigarettiers et pas que Philip Morris », assure Charles de Courson, député de la Marne, qui ajoute : « Les lobbys jouent leur rôle ». Son collègue socialiste ne dit pas autre chose, mais avec plus de gêne. « Oui, j’ai reçu une aide extérieure », reconnaît-il. De Philip Morris? « Peu importe » botte-t-il en touche.

Leurs amendements sont identiques, au mot et à la virgule près. Son impact n’est pas très clair. Protéger les recettes fiscales du tabac qui baissent de 200 millions cette année est l’objectif fixé. « L’importation de cigarettes pèse 25% du marché » tente de justifier Charles de Courson, répétant la rhétorique de Philip Morris sans pouvoir l’expliquer. « Je ne sais pas pourquoi cela protège les taxes » lâche benoîtement son homologue socialiste, ajoutant qu’il attend « la position du secrétaire d’Etat au Budget, Christian Eckert ».

En réalité, cet amendement télécommandé par Philip Morris vise à contrer la hausse des prix qui doit intervenir au 1er janvier. En limitant la hausse des taxes, le fabricant de Marlboro espère pouvoir maintenir son prix de vente à sept euros. Encore un casse-tête pour le gouvernement.

source : http://www.lejdd.fr/Politique/Enfumes-par-Philip-Morris-deux-deputes-deposent-le-meme-amendement-pour-modifier-la-fiscalite-sur-les-cigarettes-694530

Secret des affaires : du progrès en vue

Le 16 juillet 2014, plusieurs dizaines de députés – menés par Jean-Jacques Urvoas, ont déposé une proposition de loi visant à protéger le secret des affaires.

Ce texte était attendu par les praticiens de l’intelligence économique depuis longtemps et il faut avouer que la proposition se démarque sensiblement du texte adopté le 23 janvier 2012 par l’Assemblée nationale à l’instigation de Bernard Carayon. Il est vrai que la Commission Européenne a déposé un projet de directive, le 28 novembre 2013, dont les rédacteurs de la proposition de loi ne pouvaient pas ne pas tenir compte.

Les rédacteurs ont d’abord précisé, quelles étaient les informations protégées par le texte et qui doivent remplir cumulativement les conditions suivantes :
• Être non publiques c’est-à-dire difficilement accessibles pour une personne dans un domaine d’activité traitant habituellement de ce genre d’information ;
• Avoir une valeur économique découlant du potentiel scientifique et technique, des positions stratégiques, des intérêts commerciaux et financiers ou de la capacité concurrentielle de leur détenteur ;
• Faire l’objet de mesures de protection raisonnables, compte tenu de leur valeur économique et des circonstances, pour en conserver le caractère non public.

Puis, les rédacteurs ont imaginé un régime de responsabilité civile en prévoyant notamment la possibilité pour la victime, dans certaines conditions, de recevoir les économies et/ou les bénéfices réalisés par l’auteur de l’atteinte. Ils ont également organisé des procédures d’urgence comme le référé et écrivent que cette loi est applicable « quelle que soit la loi régissant les rapports entre les parties, dès lors que l’obtention, l’utilisation ou la révélation du secret des affaires a eu lieu ou risque de se produire en France. »

Enfin, les rédacteurs ont redéfini l’infraction pénale, qui est désormais libellée ainsi « Le fait pour quiconque de prendre connaissance ou de révéler sans autorisation, ou de détourner toute information protégée au titre du secret des affaires au sens de l’article L. 151-1 du code de commerce est puni de 3 ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende. » Le régime pénal est complété également par des dispositions aggravant dans certains cas les peines ou en prévoyant des peines complémentaires, mais également écartant l’infraction dans certains cas comme par exemple « À celui qui informe ou signale aux autorités compétentes des faits susceptibles de constituer des infractions aux lois et règlements en vigueur dont il a eu connaissance »

Ce texte est de loin le meilleur de qui a été fait en France depuis plusieurs années et il faut donc l’appuyer en sachant que les travaux parlementaires devraient gommer les imperfections qui subsistent.

source : http://blogs.lesechos.fr/intelligence-economique/secret-des-affaires-du-progres-en-vue-a14957.html#LDvV1ZoCm3JuSp3a.99

L’e-réputation : générateur de chiffre d’affaires ?

Quand on parle d’e-réputation, on adopte très souvent une posture défensive : « il faut préserver le capital confiance entre la marque et ses clients », « il faut surveiller ce qui se dit sur la toile », « l’e-réputation permet d’anticiper les bad buzz »…. Étonnamment, on aborde moins la gestion de l’e-réputation comme un vecteur possible de croissance et d’augmentation du chiffre d’affaires d’une entreprise.
Pourtant, lorsqu’une entreprise a une maîtrise intelligente de son e-réputation, lorsqu’elle offre des espaces de dialogue bien pensés pour ses clients, elle peut alors utiliser son e-reputation comme un levier pour augmenter son carnet de commandes et donc son chiffre d’affaires.
Pourquoi et comment l’e-réputation peut contribuer à la réalisation des objectifs commerciaux d’une entreprise ? C’est l’objet de cet article.

1. Comprendre le parcours d’achat de l’internaute

Le comportement d’achat des internautes diffère peu de celui des clients traditionnels. Que l’on soit un internaute ou un client « classique », nous passons tous par trois grandes étapes avant d’acheter un produit ou un service.

1. L’identification du besoin et le recueil d’information.  Mis à part les achats pulsionnels, nous achetons tous des produits ou des services parce qu’ils correspondent à un besoin que nous avons identifié.  Par exemple, le jour où votre téléviseur rendra l’âme, vous vous mettrez en quête d’un nouvel appareil car vous avez identifié cet achat comme correspondant à un véritable besoin.
Dès lors que vous avez identifié ce besoin, vous entrez dans une seconde phase : le recueil d’information.

2. Le recueil d’information. En cas d’incertitudes, de risques perçus ou de défiance vis à vis d’une catégorie de produits ou d’une marque, le client va chercher à se rassurer en recueillant un maximum d’information sur le produit ou le service qu’il s’apprête à acheter.

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L’e-réputation peut-être un levier business important

3. Comparaison et sélection. Une fois le recueil d’information terminé, le client ou l’internaute va chercher à comparer ce que les commerçants lui proposent en fonction de la pertinence des produits par rapport à son besoin, au prix proposé, aux services associés et… en fonction de la confiance que le client a dans l’entreprise en question. Pour autant, même si le parcours d’achat d’un client est basé sur une certaine forme de rationalité (identification d’un besoin, recueil d’information, comparaison et sélection), il faut aussi souligner le fait que cette rationalité est limitée. Un client n’achètera pas forcément son téléviseur chez le commerçant qui a le meilleur rapport qualité/ prix, qui est effectivement celui qui propose le meilleur service après vente ou les meilleures preuves de sérieux… mais chez celui en qui il estime avoir le plus confiance.  C’est sur ce point de la gestion de la confiance que l’e-réputation a une vraie influence sur le chiffre d’affaire d’une entreprise.

2. Quelle est la place du bouche à oreille électronique dans ce parcours d’achat ?

Que ce soit dans une boutique physique ou sur une plateforme numérique, les clients font appel à des prescripteurs pour les rassurer dans les différentes phases du processus d’achat que nous avons rapidement énumérées ci-dessus. D’ailleurs les chiffres le prouvent, 81 % des internautes recherchent des informations avant d’effectuer un achat sur internet. (baromètre Fevad, 2009)
Ces informations, ils ne vont pas les recueillir n’importe où, ni auprès de n’importe qui. Les internautes vont chercher à emmagasiner un maximum de savoir sur un produit ou un service auprès de prescripteurs qui peuvent être des personnes (amis, connaissances qui disposent d’une expertise particulière) mais aussi d’autres entreprises (site d’information spécialisée, sites marchands), des institutions (associations de professionnels, salons, portails d’information officiels…) et bien entendu sur divers outils qui composent le Web 2.0 : forums spécialisés ou non, réseaux sociaux, blogs…

Les internautes sont particulièrement friands de l’avis et des recommandations en ligne de ces prescripteurs parce qu’ils vont les utiliser pour se rassurer et pour réduire les efforts cognitifs liés au processus d’achat. Dis plus simplement, les internautes vont rechercher chez des prescripteurs légitimes une opinion avisée, des arguments pour se rassurer, une façon d’obtenir une information plus rapidement….

Amazon a fait des avis clients le cœur de son business

Amazon a fait des avis clients le cœur de son business

Ces prescripteurs par les avis ou les évaluations qu’ils laissent sur leurs blogs, sur des sites d’actualité, sur les réseaux sociaux, dans les forums et même sur les sites marchands, influent énormément sur le processus d’achat des internautes.
Selon une étude menée par des chercheurs américains en 2006, une évaluation positive par un ou plusieurs prescripteurs sur un produit ou service entraîne presque systématiquement une augmentation des ventes de ce produit ou de ce service. A l’inverse, il semble que les commentaires ou les avis négatifs aient une influence encore plus grande en dissuadant fortement les internautes d’acheter le produit ou le service qui a été mal évalué.

Dans ce contexte, on comprend mieux que ce qui se dit sur une organisation sur le web ou ailleurs à un impact direct sur ses résultats commerciaux. Vous n’êtes pas convaincu ? Dans ce cas, faisons parler quelques chiffres ;-)

3. Les chiffres des avis clients en ligne

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Cette première statistique, issue d’une infographie réalisée par Olimeo, prouve une chose : les avis clients ont une influence directe sur l’acte d’achat d’un internaute. C’est en se basant sur l’utilité de ces avis que celui-ci va choisir un produit plutôt qu’un autre. Pour autant ces chiffres sont à actualiser. Si les internautes estiment que ces avis sont utiles, ils sont moins  nombreux à penser qu’ils sont fiables. Une étude de Tesntrust publiée en 2012 confirme cette tendance. 93% des internautes étaient convaincu de la fiabilité des avis clients en 2010, ils ne sont plus « que » 89% en 2012 à avoir cette opinion.

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Un consommateur se base très rarement sur l’avis d’un seul individu pour se décider à acheter un produit ou de souscrire à un service.  La très grande majorité des internautes (74%) ont besoin de 2 à 7 avis pour faire un choix.
Il est donc nécessaire pour les entreprises de ne pas brider la parole des individus sur les espaces de discussion qu’ils peuvent laisser sur leur site web. Plus les internautes ont accès à un nombre d’avis important plus ils se décident rapidement. Pour autant il faut aussi remettre en perspective cette statistique. Tous les avis, toutes les évaluations n’ont pas la même légitimé aux yeux des internautes. La critique d’un site web spécialisé, d’un journaliste ou tout simplement d’un blogueur influent aura un impact potentiellement plus important sur la décision d’achat d’un internaute et équivaudra à plusieurs dizaines d’avis de clients « lambdas ».

Statistique 1

Contrairement à certaines idées reçues, la majorité des internautes (67%) évaluent, commentent ou donnent leur avis sur les produits ou services qu’ils ont testés.  Cependant et encore une fois, il faut actualiser cette statistique. Si les internautes continuent bel et bien à donner leur avis et partager leur expérience, leur nombre tend à diminuer. Ils étaient 67% en 2010, ils ne sont plus « que » 61% en 2012 selon l’étude produite par Testntrust Au fil des années, les supports de communication changent aussi. S’il y a 10 ans, les internautes partageaient majoritairement leurs avis par le biais d’un blog ou d’un forum, ils ne sont plus « que » 17% à passer par ces supports aujourd’hui. La majorité (21%)  ont préféré en 2012 parler des produits ou services d’une entreprise sur un réseau social.
Néanmoins cette tendance ne doit pas amener à négliger les avis laissés sur les forums ou sur des blogs bien au-contraire. Pour une entreprise, l’avis d’un blogueur ou d’une dizaine de contributeurs d’un forum  doit être regardé avec autant d’attention que la critique souvent  peu détaillée d’un tweet ou d’un client sur leur page Facebook par exemple.

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Cette dernière statistique est intéressante car elle prouve un lien de causalité directe entre la progression du taux de transformation, l’augmentation du panier moyen et les avis/ recommandations clients en ligne.
Ces chiffres sont d’ailleurs confirmés par une étude plus récente publiée par le cabinet Nielsen en 2012.  Dans les résultats de celle-ci, 92% des consommateurs dans le monde disent faire confiance aux diverses formes de recommandation sociale : bouche à oreille, avis d’un influenceur, recommandation d’une communauté…   Dans le même temps, du côté des formats publicitaires classiques, la confiance des internautes s’essouffle. Ils ne sont que 47% à faire confiance aux médias traditionnels et payants comme la télévision, la radio ou la presse. Concernant la publicité en ligne, les chiffres sont encore plus mauvais. Seuls 33% des consommateurs font confiance aux bannières publicitaires dans le monde, ils ne sont même que 15% en France.

Il y a donc un lien de causalité entre avis client et chiffre d’affaires notamment parce qu’il existe une crise de confiance vis à vis des médias traditionnels. Paradoxalement, les budgets accordés à la veille et à la gestion de l’e-réputation sont encore les parents pauvres des directions communication et marketing des entreprises. A l’inverse, les budgets accordés aux supports publicitaires traditionnels ont augmenté de 7% en 2012 par rapport à 2010 alors même que leur efficacité tend à s’essouffler.

4.  Les faux avis clients : la plaie du web social

Si les diverses statistiques énumérées ci-dessus prouvent un lien direct entre objectifs commerciaux et gestion de l’e-réputation par le biais des avis clients en ligne, celles-ci doivent tout de même être relativisées par rapport au phénomène des faux avis clients.

Comprenant les enjeux business autour des avis clients laissés sur les plateformes numériques, des professionnels peu scrupuleux n’hésitent  pas depuis plusieurs  années déjà à rédiger de faux commentaires pour encenser leurs produits ou au-contraire pour descendre la concurrence  sur des sites web comme Mistergooddeal.com, Amazon.fr, l’Internaute ou encore TripAdvisor.  Ces mauvaises pratiques se concentrent notamment dans deux secteurs où les avis clients sont particulièrement pris en compte : la restauration et le tourisme.
Au-cours d’une table ronde le 22 février dernier, Sophie Bresny, adjointe au directeur du Centre de surveillance du commerce électronique de la DGCCRF a pris en exemple un site web spécialisé dans la recommandation de restaurants. Ce site  qui comptabilise plus de 1,5 million de visiteurs uniques par mois avait été épinglé par la DGCCRF pour avoir fait de la fabrication de faux avis clients, une pratique courante afin de créer encore plus de trafic sur son site.
Cette tromperie du consommateur s’est industrialisé avec le temps.  Fin 2012, des journalistes de Rue89 ont même démontré que des agences spécialisées dans l’e-réputation (sic) ou des agences de relation presse n’hésitaient pas contre 2000 ou 2500 € à rédiger des commentaires totalement bidons pour le compte de leurs clients.

recommandation sociale

Les faux avis : la plaie du web social

Depuis ces dernières années, ces faux commentaires ont grevé la confiance des internautes dans l’intérêt de la recommandation sociale des produits ou des services d’une entreprise.  Toujours sur la base de l’étude de Testntrust, seuls 19% des internautes déclarent  lire systématiquement les avis en ligne (ils étaient 24% en 2010). S’ils sont toujours nombreux à penser que les avis sont fiables voire très fiables (81%), ce chiffre  est tout de même en net recul (89%  des internautes estimaient que les avis clients étaient fiables voire très fiables en 2010).

Face à cette problématique des faux avis clients, les politiques ont mis du temps à réagir. La question de la fiabilité des avis clients en ligne a été posée pour la première fois en France par Frédéric Lefebvre, ex-ministre du commerce, après notamment qu’en 2011 le site de voyages TripAdvisor ait été accusé de laisser publier de fausses expériences des consommateurs.
Depuis quelques mois, les choses tendent à s’accélérer. L ‘AFNOR (Association française de normalisation) a décidé de prendre le problème à bras le corps en étant à l’initiative d’un projet de création d’un nouveau label pour garantir la qualité des avis consommateurs en ligne.
Rédigé par une commission, ce label ne pourra être obtenu que par les sites internet qui pourront apporter la preuve de l’identité du donneur de l’avis et de la possibilité de le joindre. Ils devront aussi fournir la preuve que l’internaute a bien consommé le produit ou le service en question. Ces sites web auront même la possibilité de faire appel à un entreprise de certification indépendante pour prouver qu’ils appliquent réellement ces bonnes pratiques.  Les entreprises qui mettront en avant ce label sans en respecter les termes verront leur responsabilité mise en cause en cas de contrôle.

Conclusion :

Lorsqu’un internaute souhaite acheter sur le web, il passe par diverses étapes. Toutes ces étapes suivent un parcours rationnel (quel est mon besoin? quel est mon budget? quelle entreprise garantie le meilleur rapport qualité/prix?) mais autour duquel viennent s’ajouter d’autres éléments tout aussi importants : l’image et la confiance que les internautes ont dans les entreprises qu’ils ont sélectionnées. En scrutant ce qui se dit sur elle sur le web, une entreprise pourra prendre la parole au bon moment en identifiant les espaces de discussion adéquats autour de ses produits et de ses services. Il lui sera alors possible d’accompagner ses clients dans leur processus d’achat en leur donnant confiance en sa parole et donc en ses produits.
Cette prise de parole est nécessaire dans un monde numérique où les pratiques d’achat des internautes ont changé. Beaucoup mieux informés qu’hier, ils n’hésitent pas à remettre en cause la parole des entreprises et ils font de moins en moins confiance aux supports publicitaires classiques . A l’inverse, l’avis, les évaluations d’individus ou d’institutions légitimes à leur yeux à un impact direct sur leur décision d’achat et leur panier.
Pour autant, les internautes ont aussi gagné en maturité. Ils n’ont plus une confiance aveugle dans les avis des autres clients ou d’autres entités (associations, blogueurs, journalistes…). A ce titre, les faux avis clients sont une vraie plaie dans cette « économie de la recommandation » qu’ils convient d’enrayer pour permettre aux entreprises vertueuses de sortir du lot et d’être récompensées pour la qualité de leurs prestations ou de leurs produits.

source : http://blog.alerti.com

La Chine, futur empire de l’innovation ?

Innovation en Chine : les secteurs à suivre

L’une des ambitions de la Chine est d’être, d’ici 2015, un leader mondial de l’innovation et des nouvelles technologies sur sept « nouveaux secteurs stratégiques » :

– Véhicules « propres »

– Matériaux nouveaux

– Energies alternatives

– Technologies de l’information

– Biotechnologies

– Environnement

– Equipements industriels avancés

Leur contribution au PIB doit passer de 1 à 8%, ce qui signifie environ 345 milliards d’euros à saisir.

 

Les dix réussites majeures de 2012

Voici ci-dessous la liste des succès en sciences et technologies publiée par l’Académie des sciences de Chine (CAS) et l’Académie d’ingénierie de Chine (CAE).

– Le succès de l’amarrage manuel dans l’espace par les trois taïkonautes, le 24 juin 2012 entre l’engin spatial Shenzhou-9 et le module Tiangong-1

– Le record national de plongée du submersible Jiaolong, à plus de 7 000 mètres de profondeur dans l’océan pacifique lors d’une série d’essais en juin 2012

– La mise en service de la première ligne ferroviaire à grande vitesse au monde située dans une zone de températures extrêmement basses, la ligne Harbin-Dalian, parcourant trois provinces du nord-est de la Chine, ouverte le 1er décembre 2012

– La publication d’une carte couvrant la totalité de la surface de la Lune, avec des images d’une résolution de sept mètres, capturées par la deuxième sonde lunaire nationale, Chang’e-2 et publiées le 6 février 2012

– La mise en opération du superordinateur chinois Sunway BlueLight, dont les microprocesseurs ont été développés dans le pays, capable de réaliser environ 1 015 opérations de calculs à la seconde et ayant passé le test d’évaluation des experts du ministère chinois pour la science et la technologie le 11 septembre 2012

– La réussite des tests réalisés le 29 juillet 2012 sur le nouveau moteur à oxygène liquide et kérosène d’une poussée de 120 tonnes pour la nouvelle génération de fusées porteuses Longue-Marche-5

– Le record du monde de distance en téléportation quantique de l’équipe du professeur PAN Jianwei, en mai 2012, battu quelques semaines plus tard par une équipe de recherche autrichienne, et la publication dans la revue Nature en février 2012 de son étude sur la démonstration expérimentale de la correction d’erreurs topologiques avec faisceau de huit photons

– La découverte d’un troisième type d’oscillations de neutrinos confirmées et mesurées par des physiciens chinois et étrangers durant une expérimentation dans le réacteur nucléaire de la baie de Daya, annoncée le 8 mars 2012

– L’approbation par le ministère des sciences et technologies du vaccin chinois contre l’hépatite E, développé par une équipe de recherche de l’université de Xiamen et de l’entreprise Xiamen Innovax Biotech Co. Ltd. le 11 janvier 2012

–  L’inauguration du plus grand radiotélescope d’Asie à Shanghai, pour l’observation, le suivi et le recueil des données provenant des satellites et sondes spatiales.

source: http://www.journaldunet.com

2013, l’année de la guerre économique

Barack Obama himself. Le président des Etats-Unis en personne… attaqué en justice. Le 1er octobre dernier, pour la première fois depuis l’indépendance américaine, une société commerciale – chinoise, de surcroît – a porté plainte nommément contre l’un des hommes les plus puissants de la planète. Un toupet confondant ! Mais l’accusation faisait suite à une décision plutôt culottée de la Maison-Blanche.

Trois jours plus tôt, alors en campagne dans l’Oregon, Barack Obama exhumait un texte de 1950 pour annuler l’acquisition par le chinois Ralls Corp. de fermes éoliennes locales supposées trop proches d’une base navale. Un mois plus tard, aux élections, le président remportera l’Etat de l’Oregon. Mais à quel prix ? Celui d’un regain de tension avec son « partenaire » chinois, et celui d’un pas de plus sur le chemin périlleux de la guerre commerciale tous azimuts.

Tricheries et filouteries économiques en tout genre paraissent effectivement bien contagieuses en ces temps de crise. En particulier dans le secteur des énergies renouvelables. Washington frappe depuis cet été le matériel photovoltaïque chinois d’un droit de douane compris entre 31% et… 250%. Et tout le monde s’attend bien sûr à une riposte de Pékin. Or le virus querelleur se transmet même à l’Europe, d’ordinaire si encline à refouler son passé belliqueux. Depuis début novembre, la Commission de Bruxelles planche sur une plainte déposée par les fabricants européens de panneaux solaires contre la Chine, accusée de faire du dumping. Elle s’ajoutera peut-être à la longue liste des conflits enregistrés dans l’indifférence auprès de l’Organisation mondiale du commerce, un peu penaude face à ce spectacle. Car tous les indicateurs de « conflits commerciaux » ont franchi la cote d’alerte.

Les duels commerciaux s’enveniment 2013, l'année de la guerre économiqueNombre de litiges en cours à l’OMC

A l’OMC, le nombre de différends sur les onze premiers mois de 2012 a triplé, comparé à l’année dernière. Les scrupuleux comptages du Pr Simon Evenett, à la tête du Global Trade Alert, pointent 1 639 mesures protectionnistes depuis novembre 2008. Soit une par jour en moyenne ! Sous la forme de barrières à l’entrée, de lois antidumping et de quotas d’exportation.

Le monde marche partout à la lisière de la guerre commerciale et, en quelques endroits, pourrait bien basculer dans le ravin du conflit. Et pourtant, les pays continuent d’échanger à marche forcée. Les Etats-Unis achètent en dollars pour 1,2 milliard de produits chinois chaque jour depuis janvier 2012. L’Union européenne lui règle 1 milliard au quotidien. Et réciproquement, même si le déséquilibre se fait au bénéfice de l’empire du Milieu (158 milliards de dollars d’excédents commerciaux en 2011). Un démenti apporté aux illusions de Montesquieu. « L’effet naturel du commerce est de porter à la paix. [Il] rend les nations réciproquement dépendantes », s’enflammait le seigneur de La Brède. Mais non, des navires de commerce peuvent très bien voguer de conserve avec des vaisseaux de guerre.

La baisse des coûts salariaux est devenue une obsession

C’est le grand paradoxe de la mondialisation : multiplicateur de richesse quand le moteur de l’économie tourne à plein régime, mais source de frustration quand il cale. « Normal. Comme le gâteau ne grossit plus, chacun se bat pour obtenir la plus grosse part. Et le meilleur moyen pour y parvenir consiste à réindustrialiser.

La bataille des rétorsions protectionnistes depuis novembre 2008 2013, l'année de la guerre économiqueSources: OMC, Global Trade Alert, David McCandless, Cirdi

Depuis quatre ans, l’Argentine a, par exemple, pris 112 mesures protectionnistes à l’encontre de la Chine, laquelle a riposté dix fois.

Tous les pays veulent à nouveau construire, ou du moins conserver des usines », décrypte Sylvie Matelly, directrice de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Un peu comme si la répartition des rôles qui a prévalu depuis le début des années 80 avec, d’un côté, la « Chine-atelier du monde » et, de l’autre, « l’occident-consommateur final » volait aujourd’hui en éclats. Dans les pays développés, l’utopie d’un futur sans usine s’est brisée sur le mur du chômage de masse. Partout, on vante les mérites des cheminées fumantes et des chaînes de montage riches en main-d’oeuvre. Et à la bataille Nord-Sud se superpose une nouvelle guerre, peut-être plus sournoise, puisqu’elle se joue au sein même des blocs.

L’entente des Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine) auxquels il faut ajouter la Turquie, le Mexique ou encore l’Indonésie n’est finalement qu’une alliance d’opérette, une coalition de circonstance pour obtenir quelques sièges au FMI et dans les instances internationales. Dans la réalité, les poids lourds émergents se livrent une vraie guerre commerciale (voir tableau page précédente). La Chine, où les salaires dans l’industrie manufacturière ont progressé de près de 10 % par an au cours des dernières années, se fait aujourd’hui damer le pion par le Vietnam, le Bangladesh ou le Pakistan. L’heure de travail dans l’industrie textile est désormais moitié moins chère en Albanie que dans le delta de la rivière des Perles. Or, sur la « moyenne gamme », c’est désormais le Mexique qui fait de l’ombre à l’empire du Milieu.

La France s’en prend à ses concurrents… 2013, l'année de la guerre économiqueNombre de mesures prises depuis novembre 2008

Par un effet de ciseau particulièrement pervers (rattrapage des salaires en Chine, stagnation au Mexique), l’écart de rémunération entre les deux pays, qui atteignait 300 % en 2004, a presque disparu aujourd’hui, d’après les calculs des experts de JP Morgan. Du coup, Mexico fournit désormais 15 % des importations totales des Etats-Unis, contre 11 % à peine en 2005, talonnant ainsi Pékin. Une percée qui dérange l’autre géant latino, le Brésil. Tournant le dos aux années Lula, la présidente Dilma Rousseff entraîne aujourd’hui son pays dans un choc de compétitivité à faire pâlir d’envie les dirigeants du Medef : réduction des salaires des fonctionnaires, réforme des systèmes de pension privé et public et, surtout, baisse drastique des cotisations sociales payées par les entreprises, jusqu’alors les plus élevées du monde émergent.

… tout en étant la cible de leurs attaques 2013, l'année de la guerre économique

Dans le club fermé des pays riches aussi la baisse du coût de la main-d’oeuvre est devenue une obsession. « Nous sommes attaqués sur le coût du travail par tous les pays autour de nous dans la zone euro. Et c’est ici, en Europe, que nous accumulons des pertes », déclarait encore récemment Arnaud Montebourg, le bouillant ministre du Redressement productif. Ce n’est donc pas seulement la Chine, le problème. Mais l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, où les coûts unitaires de la main-d’oeuvre ont reculé de près de 5 % en deux ans.

Derrière une unité de façade, les Européens se bagarrent aussi sur les prix de l’énergie, un élément clé de la compétitivité dans de nombreux secteurs industriels. L’Allemagne vient ainsi de décider qu’elle rétrocéderait, dès janvier 2013, aux entreprises très gourmandes en énergie (chimie, sidérurgie, papier) le fruit des ventes aux enchères des quotas de CO2. « Pour les sidérurgistes allemands, ce cadeau pourrait représenter presque 10 % de leurs marges », calcule Emmanuel Rodriguez, directeur des achats d’énergies à ArcelorMittal.

1 639C’est le nombre de mesures protectionnistes décidées dans le monde depuis novembre 2008

Les régions riches traversées par des tentations sécessionnistes

Dans cette course sans fin et suicidaire au moins-disant fiscal et social, et sur fond de disette budgétaire, les mécanismes de la solidarité nationale, les fondations de nos vieilles nations, sont menacés. Comment expliquer autrement les tentations sécessionnistes et indépendantistes des régions – riches – comme la Catalogne ou la Flandre, lassées des transferts fiscaux massifs vers d’autres territoires moins bien lotis ? « Une page se tourne, celle de la solidarité nationale implicite et de l’égalité territoriale », analyse très justement Laurent Davezies dans La crise qui vient. En 1989, dans l’espoir d’une paix universelle, le philosophe Francis Fukuyama annonçait « la fin de l’histoire » ; l’année 2013 s’annonce plutôt comme celle du « retour de la géographie ».

Ces pays qui manient l’arme de la dévaluation

Evolution du taux de change par rapport à l’heure depuis 2002
Peso argentin – 84,8%
Dong vietnamien – 49,3%
Peso mexicain – 46,3%
Rand sud-africain – 37,4%
Roupie indienne – 37,2%
Rouble russe – 33,8%
Real brésilien – 30,4%
Dollar américain – 27,6%
Roupie indonésienne – 27,3%
Livre britannique – 22,3%

Évolution du taux de change par rapport à l’euro depuis 2002

Les mesures les plus prisées

Nombre de dispositions prises en moyenne par an dans le monde depuis quatre ans
Aides d’Etat 93
Lois antidumping 91
Droits de douane additionnels 46
Nouvelles barrières à l’entrée 32
Quotas d’exportation 23

Les dix pays qui se protègent le plus…

Nombre de mesures prises par an en moyenne depuis novembre 2008
Russie 44
Argentine 38
Inde 21
Royaume-Uni 18
Allemagne 17
Brésil 17
France 16
Chine 15
Italie 15
Biélorussie 15

… et ceux qui sont visés par leurs décisions

Nombre de mesures prises par an en moyenne depuis novembre 2008
Chine 168
Etats-Unis 130
Allemagne 115
France 103
Italie 102
Royaume-Uni 96
Japon 90
Pays-Bas 90
Espagne 89
Corée du Sud 87

Des batailles juridiques aux coûts astronomiques

Amendes en millions de dollars
Montant Année
British Petroleum 4 500 2012
GlaxoSmithKline 3 000 2012
Pfizer 2 300 2009
Johnson & Johnson 2 200 2012
Siemens 1 600 2008
Abbott Labs 1 500 2012
Intel 1 450 2009
Eli Lilly & Co. 1 420 2009

Franck Dedieu et Béatrice Mathieu

Source: lexpansion.lexpress.fr

Le quai d’orsay, nouveau relais d’influence économique?

l’ESC Grenoble vient de publier une note géopolitique très intéressante que je tenais à vous résumer et vous faire partager.

Le sujet porte sur la notion de diplomatie économique présente dans les pays anglo-saxons depuis fort longtemps et étrangement absente dans l’agenda des ambassadeurs.

En effet, il semble que le Gouvernement français a enfin compris les enjeux majeurs de la puissance économique au sein de la diplomatie française.

Lors de la XXe conférence des ambassadeurs à la fin du mois août 2012, François Hollande et Laurent Fabius ont décidé d’initier une démarche qui veut que la diplomatie française inclut l’économique et le « soft power » dans ses prérogatives. C’est une transformation majeure dans notre stratégie d’influence.

L’autre enjeu majeur est d’inclure la notion de « diplomatie d’entreprise » ou public affairs, dans nos entreprises françaises présentes à l’international afin de maîtriser son écosystème concurrentiel, géoéconomique, et sociétal.

Je vous renvoie à la notion des échiquiers invisibles des puissances développé par Christian Harbulot dans son livre « la main invisible des puissances ».

La notion d’intelligence économique entre donc enfin au quai d’Orsay.

Vu le gouffre que représente notre déficit du commerce extérieur (en 2011 le déficit commercial de la France atteint 69,59 milliards d’euros), il était temps de prendre des mesures pour aider nos entreprises françaises à mieux exporter dans un contexte économique mondial qui se complexifie.

Cela implique que le quai d’Orsay doit s’approprier de nouvelles compétences qui lui était jusqu’à maintenant inconnues.

Le ministère des affaires étrangères serait-il le nouvel eldorado des consultants en Intelligence Economique? Ou bien un nouveau champ de compétences pour les énarques?

voici un extrait d’un entretien de Laurent Fabius avec « France Inter » à la suite de la 20e conférence des ambassadeurs :

Q – Avant de revenir à quelques dossiers plus lourds et aux questions des auditeurs, un mot Laurent Fabius sur ce que vous avez lancé il y a quelques jours : la diplomatie économique. Il s’agit de soutenir les entreprises françaises sur les marchés extérieurs. Il y aura une direction créée spécialement au quai d’Orsay. N’y a-t-il pas déjà des ministères qui s’occupent déjà de cela ?

R – Bien sûr, mais c’est une tâche pour l’ensemble du gouvernement. La situation est critique puisque notre déficit commercial est de 70 milliards d’euros, c’est considérable ; rien qu’avec la Chine, 27 milliards d’euros de déficit. Il faut donc évidemment redresser la barre et il faut que tout le monde s’y mette. Ce plan de diplomatie économique, cela veut dire qu’il faut soutenir davantage les PME. Il y a un certain nombre de grandes entreprises qui portent sur leurs épaules des PME à l’exportation mais pas suffisamment. Cela veut dire aussi que le Quai d’Orsay lui-même fasse davantage. Cela veut dire que les ambassadeurs doivent être vraiment les chefs de la cellule export. Cela veut dire qu’il faut, dans tous les domaines, appliquer le principe de réciprocité.

J’ai sollicité à quelques grandes personnalités qui ont eu la gentillesse d’accepter de suivre nos relations : Jean-Pierre Raffarin, qui le faisait déjà très bien avec l’Algérie ; Martine Aubry, avec la Chine ; Louis Schweitzer, avec le Japon ; Pierre Sellal, qui est le Secrétaire général du quai d’Orsay, avec les Émirats Arabes Unis. Bref, tout le monde est sur le pont !

lien de la note géopolitique de l’ESC Grenoble (Géopolitique, économie et entreprises) :

web: bit.ly/PCnR2S

pdf: bit.ly/UkCCaQ

La Chine lorgne les réserves d’hydrocarbures de l’Arctique

The exploratory drilling rig Leiv Eiriksson off the coast of Greenland in the Davis Strait between Canada and Greenland.Les réserves pétrolières en Arctique sont estimées à 90 milliards de barils et à 30 % des ressources en gaz de la planète encore non découvertes.
Le premier ministre chinois Wen Jiabao est en visite officielle en Europe du Nord du 20 au 27 avril.

L’Arctique et ses réserves d’hydrocarbures sont au centre de la visite officielle du premier ministre chinois Wen Jiabao en Europe du Nord du 20 au 27 avril.Islande, Suède, Pologne et Allemagne, chaque étape revêt en effet une signification particulière pour Pékin.

L’Islande a été le premier pays d’Europe occidentale à reconnaître à la Chine le statut d’économie de marché et à engager avec elle des négociations sur une zone de libre-échange. Cette fois-ci, Wen Jiabao va y faire miroiter des projets d’investissements mais, surtout, il veut y signer des contrats concernant l’exploitation de la géothermie.

En Pologne, troisième étape de son périple, il compte renforcer les liens de l’empire du Milieu avec les pays d’Europe centrale (Peco) à l’occasion d’un forum économique. Ce sont des «marchés prometteurs, d’une position géographique avantageuse, d’une main-d’œuvre qualifiée et d’une demande énorme en matière de construction d’infrastructures», rappelle Jiang Yaoping, vice-ministre du Commerce chinois.

Quant à l’Allemagne, dernière étape, c’est presque une visite de routine. Le premier ministre visitera la Foire de Hanovre. Une manière de bien marquer que ce pays est le plus grand partenaire de la Chine sur le Vieux Continent, avec des échanges commerciaux en hausse de 18 % l’an dernier, à 169,15 milliards de dollars, soit 30 % du total réalisé avec l’Union européenne.

Mais c’est en Suède, deuxième pays visité après l’Islande, que Wen Jiabao veut surtout pousser ses pions. Ce pays ne figure qu’au huitième rang des partenaires commerciaux de la Chine et la coopération entre Pékin et Stockholm a, jusqu’à présent, tourné autour des hautes technologies. Or aujourd’hui la Chine veut la recentrer sur les économies d’énergie et la protection de l’environnement. Elle devrait d’ailleurs signer un mémorandum d’entente sur ces deux sujets. Et ce n’est pas par hasard.

 

Premier consommateur

La Suède est, tout comme l’Islande, membre permanent du conseil de l’Arctique, un forum intergouvernemental de coopération auquel siègent également le Canada, la Russie, la Norvège, le Danemark, les États-Unis et la Finlande. Pour la Chine, premier consommateur d’énergie dans le monde, qui engloutira 3 milliards de tonnes d’équivalent pétrole en 2015 selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), soit 21 % de la consommation mondiale, l’Arctique est un véritable Eldorado.

Ses réserves pétrolières sont estimées à 90 milliards de barils et à 30 % des ressources en gaz de la planète encore non découvertes, selon des études géologiques américaines. Pékin, qui brigue un siège d’observateur au sein du conseil de l’Arctique, n’a jamais caché souhaiter se «préparer à son exploitation», selon Cui Hongjian, de l’Institut chinois d’études internationales. Et d’ajouter: «l’Arctique est un domaine public».

La Russie, le Canada et la Norvège y sont hostiles. C’est pourquoi Pékin compte tant aujourd’hui l’appui de la Suède et de l’Islande. Islande à qui la Chine promet d’être son grand port d’attache si le recul de la calotte polaire permet, comme on le pense, d’ouvrir en été une nouvelle route maritime raccourcie à 6.400 kilomètres pour le transport de fret entre Shanghaï et l’Europe.

source: Le figaro