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En 2017, 53% des cyberattaques ont coûté au moins 400 000 euros aux entreprises

Les cyberattaques ont représenté en 2017 des pertes allant de 400 000 euros à plus de 4 millions d’euros pour plus de la moitié des entreprises interrogées par Cisco dans son rapport annuel sur la cybersécurité. En France, plus de 40% des RSSI s’attendent à les voir déborder sur leurs technologies d’exploitation.

8% des attaques ont coûté 4 millions d'euros et plus aux entreprises et organisations touchées en 2017. (Crédit : Cisco)

Dans son rapport annuel sur la cybersécurité dans le monde, Cisco tire cette année trois conclusions. Tout d’abord, les pirates ont réussis à développer les malwares à un niveau de sophistication sans précédent avec, par exemple, des logiciels malveillants à propagation automatique (comme les cryptoworms). Ensuite, les black hats deviennent de plus en plus adeptes des attaques via les services de cloud et d’autres technologies communs à tous (Google Drive, Dropbox, GitHub…). Enfin, les hackers exploitent les technologies en pleine expansion comme l’IoT ou les services cloud, encore en manque de bonnes protections pour infiltrer les systèmes d’information.

Onze fois plus de logiciels malveillants circulent aujourd’hui sur internet que l’an dernier. En 2017, Cisco a analysé quatre fois plus de trafic potentiel de logiciels malveillants et a recensé 224 nouveaux types de malwares. Et ce nombre grandissant ainsi que la puissance de ces outils d’attaque impactent fortement les entreprises. D’après les chercheurs de Cisco, plus de moitié des attaques subies au cours de l’année ont engendré des pertes par entreprise allant de 400 000 à 4 millions d’euros pour les entreprises et organisations. D’après les 3 600 répondants à l’enquête de Cisco, les pertes n’ont pas été que financières. Le nombre d’opportunités, de clients et les coûts directs ont également été impactés.

Le manque de budget, principal frein à l’adoption de solutions de sécurité avancées

Cisco montre également que les répondants (pour la plupart des RSSI) s’attendent à des attaques au-delà du secteur IT vers les technologies d’exploitation (OT) dès l’année prochaine. Ils sont environ 30% en France. Plus 40% qui ont déjà constaté des cyberattaques dans l’OT. Dans l’Hexagone, le taux d’alertes qui n’ont pas fait l’objet d’une analyse dépassait les 50%… Les principaux obstacles qui empêchent l’adoption de systèmes de sécurité avancés selon les RSSI français sont le manque de budget de leur entreprise ou organisation (33%), des exigences de certification (29%) ou des problèmes de compatibilité avec les systèmes juridiques (27%).

Enfin l’équipementier américain formule quelques recommandations pour les services de sécurité. De continuer de faire respecter les pratiques de l’entreprise en matière de correctifs pour les applications, les systèmes et les appliances. Il incite aussi à réaliser des analyses plus poussées et plus détaillées. Ainsi que de sauvegarder régulièrement les données et tester les procédures de restauration. Ces deux précautions sont essentielles face à l’évolution rapide des attaques par ransomware et des armes de cyberdestruction. Enfin il est important d’examiner la sécurité des systèmes de microservices, de services cloud et d’administration des applications.

source: https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-chuck-robbins-ceo-de-cisco–l-ia-est-un-catalyseur-essentiel-de-notre-technologie-70917.html

Enquêtes sur fond de corruption, l’ombre d’Alstom plane sur Airbus

Après Alstom, Technip et BNP Paribas, c’est au tour d’Airbus de faire face aux accusations de corruption. Depuis plusieurs mois, le géant européen de l’aéronautique est confronté à une crise sans précédent. Conséquence du choix de la stratégie « mains propres » de la gouvernance Enders, le groupe subit des pressions judiciaires sur fond d’éventuelles affaires de corruption, faisant craindre des pénalités financières majeures.

Un groupe sous pression des autorités judiciaires

En juillet 2016, après l’autodénonciation auprès des autorités britanniques, du président exécutif d’Airbus, Tom Enders, et de John Harrison, son directeur juridique; le Serious Fraud Office (SFO) a décidé de lancer une enquête. En mars 2017, c’est au tour du Parquet National Financier (PNF) de se saisir de l’affaire.

Airbus est soupçonné par ces juridictions d’avoir omis de déclarer ses intermédiaires commerciaux pendant une quinzaine d’années, dont le montant des commissions occultes porterait sur des centaines de millions d’euros. Les premiers soupçons de corruption remontent à 2012 sur des contrats militaires en Roumanie, en Arabie Saoudite et en en Autriche où Tom Enders est soupçonné d’avoir été directement impliqué dans la vente frauduleuse de 18 avions de combat en 2003. Les irrégularités lors de la négociation du contrat auraient permis à Airbus de surfacturer ce dernier de 183 millions d’euros, permettant de redistribuer près de 100 millions d’euros à des intermédiaires via des sociétés-écrans.

Le feuilleton judiciaire prend de l’ampleur en septembre 2014, lors des révélations du Kazakhgate. Airbus Helicopters est alors directement accusé d’avoir versé des pots-de-vin aux dirigeants kazakhs pour faciliter la signature des contrats de vente de 45 hélicoptères Eurocopter EC154 et de 2 satellites entre 2010 et 2011. Plus récemment, le groupe fait l’objet d’enquêtes sur des transactions suspectes de l’ordre de 19 millions d’euros, ainsi que sur le dépôt de bilan d’une mine d’or au Mali.

Des noms  de dirigeants d’Airbus visés par l’enquête circulent. Certains, comme Tom Enders, sont encore en poste tandis que d’autres ont déjà quitté le navire, comme Jean-Pierre Talamoni ou Marwan Lahoud.

 

Une étonnante gestion du feuilleton judiciaire par la direction d’Airbus

Voyant le groupe dans la tourmente judiciaire, Tom Enders, président exécutif du groupe depuis 2012, a décidé de lancer une opération « mains propres ». Il rappelle en mars 2015 John Harrison, alors directeur juridique de Technip, et le charge de lancer un grand audit interne sur les pratiques de conformité du groupe. Par la suite, la manœuvre choisie par John Harrison choisit est troublante car, pour mener à bien cet audit, il fait appel aux cabinets américains Hughes Hubbard & Reed, Clifford Chance et Hogan Lovells. En effet, le droit américain impose pourtant à ses juristes de rapporter à leur administration toute effraction à la loi observée chez ses clients. Ainsi, sur les 150 millions de dossiers exploités par les auditeurs chez Airbus, comment être sûr que des données stratégiques ne soient pas tombées dans les mains de l’administration américaine ? Il semble ainsi que John Harrison poursuit la stratégie qu’il avait chez adoptée dans l’affaire Technip, pourtant à l’origine du rapprochement du groupe français avec l’américain FWC Technologies.

Cherchant à faire preuve bonne volonté auprès des enquêteurs, Airbus décide également de créer un comité indépendant, chargé d’évaluer le niveau de conformité du groupe sur les questions d’anticorruption. Celui-ci comprend trois membres, une Française (Noëlle Lenoir), un britannique (Lord David Gold) et un Allemand (Theodor Waigel). En parallèle, Tom Enders entreprend de faire disparaître le SMO, ou Strategy and Marketing Organisation, un département au cœur des enquêtes judiciaires mais indispensable à la stratégie d’export du groupe. En conséquence de ce choix, Airbus met fin de manière unilatérale aux contrats ou aux accords qu’ils avaient avec certains de ses intermédiaires commerciaux.

En avril 2016, à la suite de l’audit interne commandé un an plus tôt et qui avait relevé des irrégularités dans les pratiques du groupe ainsi que dans la rémunération des intermédiaires commerciaux, Tom Enders et John Harrison ont voulu jouer la carte de la transparence. Ils ont donc pris la décision d’aller se dénoncer auprès de l’UKEF (UK Export Finance), l’agence britannique des crédits à l’export. À la suite de la confession des dirigeants d’Airbus, celle-ci a transmis le dossier aux autorités judiciaires compétentes. En juillet 2016, le SFO décide donc de lancer une enquête. Il sera rejoint en mars de l’année suivante par le PNF.

 

Un fleuron industriel européen en danger

De l’aveu même des dirigeants d’Airbus, les enquêtes constituent une réelle menace pour le groupe. Après avoir minimisée leur impact, la direction de l’avionneur a avoué en 2017 craindre les décisions des différentes juridictions. Dans la mesure où les entreprises visées récemment par des enquêtes de même nature ont été lourdement sanctionnées, il semble inévitable qu’une amende considérable soit prononcée à son encontre, probablement de l’ordre de plusieurs milliards d’euros. De plus, le groupe pourrait se voir interdire l’accès à un certain nombre de marchés publics, une catastrophe pour ses ventes et pour sa pérennité.

Autre conséquence néfaste, les sanctions contre Airbus seraient un coup dur pour l’Europe. Le groupe est détenu à plus de 26% par trois États européens, la France, l’Allemagne et l’Espagne. Surtout, Airbus joue un rôle stratégique majeur sur le continent, notamment par sa production de matériels militaires et spatiaux tels que l’A400M ou la fusée Ariane, des engins essentiels à la puissance européenne.

L’enquête franco-britannique risque donc de faire couler un grand succès européen, or il ne s’agit peut-être que du premier épisode d’un long feuilleton judiciaire. Que se passerait-il si les Américains décidaient de lancer eux-mêmes l’enquête, comme ils ont pu le faire pour Alstom ou Technip, par l’intermédiaire du DOJ (Department of Justice). À cet égard, ils auraient même récemment découvert des irrégularités chez Airbus sur des contrats de vente d’armes. Utiliseront-ils ce prétexte pour lancer une enquête ? Quelle sera la réaction des Européens ? Ces derniers peuvent-ils encore sauver Airbus ? En ont-ils la volonté ?

 

source: https://portail-ie.fr/short/1741/enquetes-sur-fond-de-corruption-lombre-dalstom-plane-sur-airbus

 

Guerre économique : comment les Etats-Unis font la loi

Sous couvert de lutte contre la corruption, les Américains affaiblissent certaines entreprises stratégiques pour mieux se positionner sur les marchés mondiaux. C’est une guerre économique souterraine que livrent les Etats-Unis aux entreprises françaises et européennes.

Alcatel, Alstom, Technip, Total, la Société Générale, BNP Paribas… Toutes ces entreprises françaises se sont retrouvées, ces dernières années, poursuivies par la justice américaine pour des affaires de corruption ou de contournement d’embargos.

Elles ont été poursuivies sur la base de ce qu’on appelle « l’extraterritorialité du droit  américain ». Ce sont des lois qui permettent de poursuivre des entreprises non américaines à l’étranger, à condition qu’elles aient un lien avec les Etats-Unis.

Sauf que ce lien est extrêmement large, puisqu’il suffit que les entreprises effectuent une transaction en dollars ou qu’elles utilisent une technologie américaine pour que des poursuites puissent être engagées.

 

« Il suffit d’utiliser une puce électronique, un iPhone, un hébergeur ou un serveur américain pour vous retrouver sous le coup de la loi américaine, explique l’économiste Hervé Juvin. C’est un piège dans lequel de nombreuses entreprises sont tombées. »

 

Pour collecter ces informations, tous les services américains sont mobilisés. « C’est une stratégie délibérée des Etats-Unis qui consiste à mettre en réseau leurs agences de renseignements et leur justice afin de mener une véritable guerre économique à leur concurrents, estime l’ancien député LR Pierre Lellouche, qui a présidé une mission d’information parlementaire sur le sujet. Cette guerre économique est habillée par les meilleures intentions du monde. »

Résultat, ces dernières années, plus de 20 milliards de dollars d’amende ont été infligés par la justice américaine à des entreprises européennes.

Une guerre d’influence économique

Comment en est-on arrivé-là ? En 1977, les Américains adoptent une loi anticorruption, baptisée « FCPA » (Foreign Corrupt Practicises Act), qui fait suite à un énorme scandale de pots-de-vins chez l’avionneur Lockheed. Mais les Américains estiment que leur loi anticorruption les pénalise dans la compétition économique. « L’ancien patron de la CIA, James Woolsey, m’a dit un jour : « Il y en a marre des pots-de-vins que vous, les Français, vous versez dans les contrats d’armements. Nous on va nettoyer ça ! » Sauf que les Américains vont continuer à verser des commissions dans des sociétés off-shore… », témoigne Pierre Lellouche.

 

« Comme les Etats-Unis sont devenus une hyperpuissance, ils n’ont quasiment plus eu besoin d’utiliser les pots-de-vins, nuance le journaliste Jean-Michel Quatrepoint. Ils ont développé une stratégie d’influence. Un « soft power ». La corruption, avec les « bons vieux pots-de-vins », c’est l’arme des faibles. »

 

Cette volonté de puissance économique s’impose comme un véritable objectif stratégique, après la chute du mur de Berlin, en 1989. « En 1993, le secrétaire d’Etat américain Warren Christopher réclame au Congrès les mêmes moyens pour faire face à la compétition économique mondiale que lors de la lutte contre les Soviétiques pendant la guerre froide, raconte le spécialiste de l’intelligence économique Ali Laïdi. C’est une nouvelle guerre chaude économique. »

 

La loi anticorruption américaine va donc être élargie à toutes les entreprises (en 1998).

Ecarter les concurrents

 

Toute une batterie de lois est également mise en place contre le contournement d’embargos ou la fraude fiscale. Il s’agit de contrer l’émergence des nouvelles puissances comme la Chine, devenue le concurrent numéro un des Américains.

 

« Les Etats-Unis n’arrivent pas à contenir économiquement la Chine, explique le directeur de l’Ecole de guerre économique, Christian Harbulot. Ils cherchent donc par tous les moyens à faire en sorte que cette puissance ne les dépasse pas. » Du coup, le droit américain permet, si besoin, d’écarter certains concurrents gênants. « Les Américains peuvent utiliser l’arme anticorruption s’ils veulent empêcher qu’un concurrent ne se vende aux Russes ou aux Chinois, estime Hervé Juvin. C’est notamment le cas d’Alstom. Il ne fallait pas, aux yeux des Américains, qu’Alstom établisse un partenariat et un transfert de technologie avec les Chinois. »

 

Même suspicion concernant les embargos. Les procédures lancées par les Américains ne sont pas toujours dénuées d’arrières pensées géopolitiques. Ainsi, BNP-Paribas a été condamnée à neuf milliards de dollars d’amende, en 2014, pour ne pas avoir respecté l’embargo avec Cuba et l’Iran. « Nous avons payé pour des sanctions que nous ne reconnaissions pas, fulmine Pierre Lellouche. Or, depuis le paiement de cette amende, les Américains se sont rapprochés de Cuba et ils ont levé les sanctions contre le Soudan ! Ils devraient nous rembourser ces 9 milliards. Ça montre que quand les Américains ont décidé de sanctionner un pays, tous les autres doivent s’aligner. »

Des entreprises françaises tétanisées

 

Autre exemple : l’Iran. Malgré un accord politique conclu avec les Etats-Unis, les entreprises européennes n’osent toujours pas investir en Iran. « Les entreprises françaises sont tétanisées étant donné le risque vis-à-vis des Américains alors qu’officiellement l’embargo est levé, constate l’ancienne députée PS Karine Berger, rapporteure de la Mission parlementaire sur l’extraterritorialité du droit américain. La situation est bloquée. »

 

Côté américain, on estime toutes ces critiques outrancières. « Il n’y a pas de complot, répond l’avocat américain Joseph Smallhoover du cabinet Bryan Cave, également représentant du parti démocrate en France. Les Etats-Unis ne font que défendre leurs intérêts. Il n’y a pas de guerre contre l’Europe ou contre qui que ce soit. »

Une obligation de « mise en conformité »

 

Les entreprises qui se retrouvent dans les radars américains n’ont en réalité guère le choix : elles sont quasiment obligées de coopérer, sous peine de ne plus travailler avec les Etats-Unis et de perdre, par exemple, leur licence bancaire.

 

Une fois que les entreprises acceptent de plaider coupable afin d’éviter un procès, elles doivent ensuite se mettre en conformité avec les standards de la règlementation américaine. « La conformité coûte extrêmement cher, d’autant plus que vous êtes obligé d’avoir recours à des cabinets spécialisés américains qui se font payer à leur propre tarif, explique Hervé Juvin. La conformité peut coûter plusieurs fois l’amende. Un grand industriel européen condamné m’a estimé le coût de sa mise conformité à plus de 2 milliards d’euros. »

 

« C’est l’entreprise qui mène l’enquête et cherche elle-même les preuves de sa propre culpabilité, résume l’avocat Pierre Servan-Schreiber, coauteur du livre Deals de justice. Le marché américain de l’obéissance mondialisée. Elle va fouiller dans ses propres documents et ses propres emails afin de trouver les fraudes qu’elle a commises pour les apporter ensuite à l’administration américaine. »

 

Une fois ces éléments de preuves apportés, le montant de l’amende est négocié avec le département américain de la Justice (DOJ).

De l’espionnage consenti

 

Mais la procédure américaine ne s’arrête pas là. Au terme de cette remise aux normes anglo-saxonnes, l’entreprise est généralement placée ensuite sous surveillance. C’est ce qu’on appelle la phase de « monitoring ».

 

Un « moniteur », autrement dit un expert au service de la justice américaine, est désigné pour trois ans afin de surveiller la bonne marche de l’entreprise et vérifier qu’elle remplisse toutes ses obligations de conformité. « Ce moniteur a accès à toutes les informations de l’entreprise, explique l’ancienne déléguée interministérielle à l’Intelligence économique Claude Revel. Il doit faire un rapport chaque année au ministère de la justice américain. Or, comme je l’ai constaté, ce rapport peut contenir des informations confidentielles. C’est extrêmement fâcheux. »

 

« C’est de l’espionnage consenti », résume l’avocat Olivier de Maison Rouge. « Il ne s’agit pas d’espionnage, répond l’avocat Laurent Cohen-Tanugi, qui a été moniteur chez Alcatel. Le contenu de mes rapports concernait uniquement le système de conformité de l’entreprise. Il n’y avait aucune donnée stratégique. Mes rapports ont été revus et approuvés par les autorités françaises. Il s’agit de bonnes pratiques internationales, si l’on veut lutter contre la corruption. »

 

Cette traque internationalisée de la corruption est devenue, en réalité, un marché juteux pour les cabinets d’affaires anglo-saxons et l’administration américaine. « L’argent des amendes finance le personnel de toutes les administrations mobilisées dans cette lutte anticorruption, décrypte le journaliste Jean-Michel Quatrepoint. Ce personnel est motivé, car plus l’amende est importante, plus il encaisse de l’argent. Il s’autofinance. C’est le système des chasseurs de primes ! »

« Ni complot, ni collusion »

L’affaire Alstom constitue un exemple emblématique de cette stratégie américaine.

Le 22 décembre 2014, l’entreprise française est condamnée par la justice américaine à payer une amende record de 772 millions de dollars, pour des faits de corruption. Dans la foulée, Alstom est rachetée par l’américain General Electric, au nez et à la barbe de l’Etat français.

L’histoire commence en 2011, lorsque les Américains s’intéressent à des pots de vins versés par Alstom, en Indonésie. En élargissant leur enquête, ils découvrent un système de corruption généralisé, au sein de l’entreprise. Ils arrêtent l’un des cadres de l’entreprise, en avril 2013, à l’aéroport de New-York et mettent la pression sur Alstom. Finalement, Alstom décide de plaider coupable et conclut un accord avec la justice américaine.

Y a-t-il un lien de cause à effet entre cette affaire de corruption, et la vente d’Alstom Energie à l’américain General Electric ?

Le PDG du groupe à l’époque, Patrick Kron, a toujours juré que non, comme devant la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, le 11 mars 2015 : « Ce processus n’a été ni précipité, ni fermé, assure Patrick Kron. Il a été réfléchi et ouvert. Concernant les théories « complotistes » ou « conspirationnistes », je voudrais que ce soit parfaitement clair : les autorités américaines ont été informées de l’existence de ce projet au même moment que vous, lorsque le 23 avril il y a eu une « fuite » de l’agence Bloomberg, dans la presse, et que cette opération est entrée dans le domaine publique. Il n’y a eu ni complot, ni collusion. Renoncez à ce fantasme de la mainmise des autorités judiciaires américaines nous concernant. »

Une vente négociée sous l’œil de la justice américaine

 

Cette version des faits est contestée par de nombreux observateurs avisés du dossier, comme le journaliste Jean-Michel Quatrepoint, auteur d’une contre-enquête sur cette affaire. « L’affaire s’est réglée lors d’un dîner entre le PDG d’Alstom, Patrick Kron, et le patron de General Electric, le 9 février 2014, à l’hôtel Bristol, à Paris, explique Jean-Michel Quatrepoint. La preuve qu’il y a bien un lien entre la vente de la branche énergie d’Alstom et les négociations avec la justice américaine, c’est que Patrick Kron et son directeur juridique ont pu se rendre à deux reprises aux Etats-Unis, sans être inquiétés, pour négocier le détail de cette vente. »

Ce qui accrédite cette thèse, c’est la coïncidence des dates : la justice américaine prononce l’amende contre Alstom… trois jours après l’assemblée générale des actionnaires qui valide la reprise d’Alstom par General Electric, et accorde au passage, un bonus de 4 millions d’euros à Patrick Kron. Ce n’est pas tout.

 

General Electric avait, en fait, Alstom dans son viseur depuis un bon moment, comme le révèle Pierre Laporte, un ancien haut cadre d’Alstom qui a lui-même travaillé huit ans chez General Electric. « Les pratiques corruptives d’Alstom étaient bien connues de General Electric, témoigne Pierre Laporte. Tout était fait pour informer les autorités américaines de ces comportements et, le cas échéant, pouvoir racheter certaines divisions si l’opportunité se présentait. »

Chantage au plan social

Cette affaire pose de vraies questions d’indépendance, car Alstom est une entreprise stratégique, dans la filière nucléaire notamment. « La vente d’Alstom à General Electric nous prive d’autonomie stratégique sur deux points essentiels : les turbines pour les sous-marins nucléaires, les navires de surface, le porte-avion Charles de Gaulle, ainsi que sur les centrales nucléaires civiles, explique le directeur du Centre français de recherche sur le renseignement, Eric Denécé, qui a enquêté sur cette affaire. Il y a eu une vraie trahison des élites françaises. »

Une commission d’enquête parlementaire sur la politique industrielle de l’Etat a décidé de reprendre tout le fil de cette affaire.

Le 13 décembre 2017, l’ancien ministre de l’Economie, Arnaud Montebourg a témoigné devant cette commission. « Rétrospectivement, j’ai beaucoup mieux compris dans quelle situation se trouvait M. Kron, ainsi que les raisons pour lesquelles il avait dissimulé et verrouillé son « board » par avance pour mettre ses salariés, les syndicats, et la France devant le fait accompli, a déclaré Arnaud Montebourg. Il n’y avait aucune discussion possible, il ne fallait surtout pas qu’on puisse revenir en arrière. Je crois que M. Kron était en situation de pression judiciaire de la part d’un Etat. Je rappelle que M. Kron est venu me voir, et m’a dit : « Si vous n’acceptez pas l’accord avec General Electric, je vous fais tout de suite un plan social de 5 000 personnes ! » Voilà comment se comportent les dirigeants vis-à-vis des gouvernements. Il faut que vous le sachiez. »

General Electric avait promis la création de 1 000 emplois en France, d’ici 2018. Pour l’instant, le groupe américain annonce des suppressions d’emplois en Europe. 345 postes sont menacés sur le site de Grenoble. Quant à la branche transport d’Alstom, elle vient de fusionner avec l’allemand Siemens.

Concernant le volet judiciaire, si les hauts dirigeants n’ont plus de souci à se faire, le responsable d’Alstom, arrêté en 2014 pendant 14 mois, Frédéric Pierucci, a, de nouveau été incarcéré, en septembre dernier, pour 12 mois. Ses proches demandent qu’il soit transféré sur le sol français.

Le député LR Olivier Marleix qui préside la Commission d’enquête sur la politique industrielle de l’Etat vient d’écrire, en ce sens, au chef de l’Etat.

Airbus, Areva, Lafarge…

Quelles sont les prochaines entreprises européennes ou françaises susceptibles d’être inquiétées par la justice américaine ?

On peut d’abord citer Airbus, qui s’est dénoncé aux autorités américaines, alors que l’avionneur fait déjà l’objet d’une enquête pour des soupçons de corruption en France, au Parquet national financier (PNF), mais aussi en Angleterre.

Il y a également le cas d’Areva. L’entreprise a racheté la société canadienne Uramin à un prix qui semble surévalué. « Fin 2016, un dossier a été déposé auprès du FBI à propos de l’affaire Uramin, décrypte le journaliste économique Thierry Gadault. L’opération s’est effectuée en dollars, certains acteurs de cette affaire sont américains, Uramin a tenu une assemblée générale décisive… à New-York. Tous les critères sont réunis pour que la loi anticorruption américaine soit activée. »

L’entreprise Lafarge pourrait également être inquiétée. Le cimentier franco-suisse est déjà poursuivi par la justice française. Il est soupçonné d’avoir versé de l’argent à Daech en Syrie, pour continuer à fonctionner. Lafarge a demandé à un cabinet américain, Baker Mac Kenzie, de réaliser un rapport d’audit que nous avons pu consulter. Dans ce document « confidentiel », on découvre que la société est clairement alertée sur les risques judiciaires aux Etats-Unis : « La filiale syrienne de Lafarge a ouvert des comptes libellés en dollars américains auprès des banques suivantes : Audi Bank Syria, Audi Bank Lebanon et Al-Baraka Bank en Syrie…. Ces comptes servaient à effectuer et à recevoir de nombreux paiements en dollars américains, dont le versement de commissions…. Ces paiements correspondent à des transferts probablement traités par une institution financière américaine et sont potentiellement soumis aux sanctions américaines. »

L’entreprise Lafarge pourrait également être inquiétée.

Pas d’amis dans la guerre économique

Quelle réponse la France peut-elle apporter à cette stratégie américaine ? « La classe politique française a tendance à considérer que les Américains sont nos amis et qu’au titre de l’amitié on peut tout leur pardonner et tout occulter, estime l’ancien député Bernard Carayon, qui en 2003 a rédigé un rapport sur l’intelligence économique à la demande du Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin. La gauche et la droite font preuve de cécité et d’impuissance. Dans la guerre économique, il n’y a pas d’amis. Il n’y a que des concurrents et des partenaires ponctuels. »

 

Dans leur rapport parlementaire, publié en 2016, les députés Pierre Lellouche et Karine Berger écrivent qu’ « un rapport de force doit être instauré » avec les Etats-Unis, afin de « pouvoir agir à armes égales. » « La mission considère comme nécessaire de faire valoir auprès des Etats-Unis que certaines pratiques sont devenues abusives et que la France ne les acceptera plus », écrivent les parlementaires.

Dissuader les Etats-Unis

 

La récente loi Sapin 2 se veut être une réponse à cette situation, en se plaçant sur le terrain des Américains. Elle a notamment mis en place une forme de transaction pénale, baptisée  « Convention d’intérêt public ». L’entreprise négocie une amende pour éviter un procès.

C’est ce qui s’est passé récemment avec la banque HSBC, qui a payé 300 millions d’euros d’amende, dans une affaire de démarchage bancaire illégale et de fraude fiscale.

La loi Sapin 2 introduit également une disposition extraterritoriale, qui élargit les poursuites de la corruption à l’étranger. « Nous avons choisi de mettre une arme d’extraterritorialité, se réjouit l’ancienne députée PS Karine Berger. Une entreprise américaine qui ferait du chiffre d’affaire en France et qui aurait commis des actes de corruption, en Afrique, par exemple, pourrait désormais être poursuivie par la justice française. »

Autre nouveauté introduite par la Loi Sapin 2 : la création d’une agence française anticorruption. Cette agence a pour mission d’aider les entreprises à éviter les risques de corruption. « Nous avons un rôle de prévention, mais nous n’avons pas la maitrise du bâton, c’est-à-dire des poursuites, regrette le directeur de l’Agence anticorruption, Charles Duchaine. Si je constate de la corruption, je vais communiquer l’information au parquet, mais je ne maîtrise pas la suite. Or, les Américains, eux, effectuent une collecte massive renseignement pour mettre ensuite certaines entreprises en difficulté. Aujourd’hui, malheureusement, la France ne dispose pas des mêmes moyens d’investigation. Nous n’avons pas les effectifs suffisant pour faire trembler des entreprises dans le monde entier.»

 

Reste donc à voir si ce nouveau dispositif va désormais dissuader les Américains de continuer à déstabiliser les entreprises européennes. Rien n’est moins sûr. « L’objectif de la loi Sapin 2 est de créer un système de sanction suffisamment important afin que la France puisse dire aux Etats-Unis que le travail a déjà été fait, et qu’il n’y a plus besoin d’engager de nouvelles poursuites, analyse l’avocat David Père. Mais c’est un vœu politique. Il n’y a aucune certitude. »

source: https://www.franceculture.fr/economie/guerre-economique-comment-les-etats-unis-font-la-loi

A Addis-Abeba, le siège de l’Union africaine espionné par Pékin

Au siège de l’Union africaine (UA), à Addis-Abeba, des ascenseurs parlent encore le mandarin et les troncs des palmiers en plastique sont griffés China Development Bank. De nouveaux bâtiments en construction par des sociétés de Pékin ou Hongkong ceinturent la tour de verre moderne offerte en 2012 par la Chine à l’Afrique. C’est là que doit se dérouler, dimanche 28 et lundi 29 janvier, le 30e sommet de l’organisation panafricaine.

 

Les contrôles sont stricts pour pénétrer dans ce bâtiment où ministres et chefs d’Etat se retrouvent deux fois l’an pour évoquer les grands enjeux du continent. Il y a pourtant une menace sécuritaire invisible ignorée par la plupart des dirigeants et des diplomates, mais qui préoccupe au plus haut point certains hauts responsables de l’UA.

 

En janvier 2017, la petite cellule informatique de l’UA a découvert que ses serveurs étaient étrangement saturés entre minuit et 2 heures du matin. Les bureaux étaient vides, l’activité en sommeil mais les transferts de données atteignaient des sommets. Un informaticien zélé s’est donc penché sur cette anomalie et s’est rendu compte que les données internes de l’UA étaient massivement détournées. Chaque nuit, les secrets de cette institution, selon plusieurs sources internes, se sont retrouvés stockés à plus de 8 000 km d’Addis-Abeba, sur des mystérieux serveurs hébergés quelque part à Shanghaï, la mégapole chinoise.

« Don de la Chine aux amis de l’Afrique »

 

Le nouvel immeuble, « don de la Chine aux amis de l’Afrique », a été offert il y a tout juste six ans. Il a été entièrement équipé par les Chinois. Les systèmes informatiques ont été livrés clé en main. Et les ingénieurs chinois ont volontairement laissé deux failles : des portes numériques dérobées (« backdoors ») qui donnent un accès discret à l’intégralité des échanges et des productions internes de l’organisation.

 

Selon plusieurs sources au sein de l’institution, tous les contenus sensibles ont pu être espionnés par la Chine. Une fuite de données spectaculaire, qui se serait étalée de janvier 2012 à janvier 2017. Contactée, la mission chinoise auprès de l’UA n’a pas donné suite à nos sollicitations.

 

« Ça a duré trop longtemps. A la suite de cette découverte, nous avons remercié, sans faire de scandale, les ingénieurs chinois présents à notre siège d’Addis-Abeba pour gérer nos systèmes, confie sous couvert d’anonymat un haut responsable de l’UA. Nous avons pris quelques mesures pour renforcer notre cybersécurité, un concept qui n’est pas encore dans les mœurs des fonctionnaires et des chefs d’Etat. On reste très exposés. »

 

Depuis, l’UA a acquis ses propres serveurs et a décliné l’offre de la Chine qui se proposait de les configurer. Au rez-de-chaussée de la tour de verre, dans une salle qui passe inaperçue, se trouve un centre de data qui concentre une bonne partie du système d’information de l’organisation. Toutes les communications électroniques sont désormais cryptées et ne passent plus par Ethio Telecom, l’opérateur public de l’Ethiopie, pays réputé pour ses capacités de cybersurveillance et d’espionnage électronique. Désormais, les plus hauts responsables de l’institution disposent de lignes téléphoniques étrangères et d’applications plus sécurisées.

 

Lors du 29e sommet de l’UA, en juillet 2017, de nouvelles mesures de sécurité ont été éprouvées. Quatre spécialistes venus d’Algérie, l’un des plus gros contributeurs financiers de l’institution, et des experts en cybersécurité éthiopiens ont inspecté les salles et débusqué des micros placés sous les bureaux et dans les murs. « Rien à faire d’être écouté par les Chinois, lâche le chef de la diplomatie d’une grande puissance africaine. Eux au moins ne nous ont jamais colonisés, ont soutenu les luttes d’indépendance sur le continent et nous aident économiquement aujourd’hui. »

 

Une nouvelle architecture informatique, indépendante des Chinois, a également été déployée. Comme ce système de vidéoconférence, développé par les équipes informatiques internes et utilisé par les chefs d’Etat, qui fonctionne par câble et non plus par Wi-Fi. Ainsi, les quelques diplomates et chefs d’Etat précautionneux peuvent continuer à utiliser leurs brouilleurs d’ondes sans encombre.

« Les Chinois sont là 27 h/24 »

 

L’Union africaine se contente de seulement 10 millions de dollars (8 millions d’euros) de budget alloué à l’informatique. A l’exception de la Banque mondiale, qui a payé une partie du nouveau centre de data, les partenaires étrangers ne se montrent guère intéressés pour financer une agence de cybersécurité. « Ça arrange tout le monde que ce soit une passoire, déplore un fonctionnaire déjà présent du temps de l’Organisation de l’Unité africaine (OUA, 1963-2002). On se laisse écouter et on ne dit rien. Les Chinois sont là vingt-sept heures sur vingt-quatre, ont planté plein de micros et d’outils d’espionnage cyber quand ils ont construit cet immeuble. Et ils ne sont pas les seuls ! »

 

Selon les documents extraits par Le Monde, en collaboration avec le site The Intercept, des archives de l’ex-consultant de l’Agence nationale de sécurité (NSA) américaine Edward Snowden, les antennes des services secrets britanniques (GCHQ) n’ont pas épargné l’UA. Entre 2009 et 2010, plusieurs responsables ont ainsi vu leurs appels et leurs courriels interceptés, comme Boubou Niang, alors conseiller spécial du médiateur de l’ONU et de l’UA au Darfour (Soudan).

 

Certaines puissances occidentales privilégient le renseignement humain à l’UA. A l’instar des services de renseignement français qui, outre leurs dispositifs d’espionnage techniques, ont tenté de convaincre des chefs d’Etat du pré carré francophone de les informer des coulisses de ces sommets. Au point d’avoir tenté de « recruter » ceux qui ont accédé à la présidence tournante de l’UA ou à la tête de la Commission, selon plusieurs d’entre eux, agacés par cette démarche jugée « humiliante ».

L’organisation panafricaine s’est toujours montrée particulièrement attachée à la défense de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, deux principes qui figurent dans l’acte constitutif de l’UA. Toutefois, faute de moyens et de prise de conscience des chefs d’Etat et de la plupart des fonctionnaires, les territoires numériques panafricains restent à la merci des services d’espionnage étrangers.

« Ici, c’est sécurité “Inch Allah” ! », ironise un haut fonctionnaire. Attribuée à la Chine, l’immense opération d’infiltration des systèmes informatiques, durant cinq longues années, a néanmoins rappelé à certains hauts responsables de l’UA qu’il était peut-être temps, alors que se discute la réforme de l’institution lors de ce sommet de janvier, de sécuriser leur cyberespace.

source: http://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/01/26/a-addis-abeba-le-siege-de-l-union-africaine-espionne-par-les-chinois_5247521_3212.html

CONTRE LES HACKERS, PROTÉGEZ VOTRE ENTREPRISE EN 7 POINTS

Souvent peu protégées, les PME sont particulièrement visées par les hackers. Etat des lieux des bonnes pratiques en matière de cybersécurité.

Peu ou mal protégées, explique l’assureur Hiscox, les PME représentent pour les hackers une porte d’entrée facile vers des partenaires et clients de plus grande taille, qui peuvent avoir des volumes de données plus intéressants à dérober.» Selon une étude réalisée par Symantec, 77% des cyberattaques ayant touché la France en 2014 ont ainsi ciblé des PME. Check-list des actions à mener pour éviter d’être la prochaine victime…

1. Faire un état des lieux de ses données sensibles (données clients, plans stratégiques…) susceptibles d’intéresser les hackers.

2. Sensibiliser les employés aux risques de piratage, pour favoriser l’émergence de bonnes pratiques : sécurisation des mots de passe et des ordinateurs personnels en cas d’utilisation professionnelle, accès à distance…

3. Réaliser un audit technique du système informatique au moins une fois par trimestre. Ces mesures de prévention permettront, en cas d’attaque, de détecter plus rapidement la source et d’éviter ainsi sa propagation.

4. Mettre en place différents niveaux de sécurité et créer des identifiants. Veiller à ce à quoi les employés ont accès. Vérifier la fiabilité des sous-traitants et hébergeurs cloud. Ils doivent respecter le principe de privacy by design rendu obligatoire par le règlement européen GDPR (General Data Protection Regulation) et signer la charte de qualité de l’UE.

5. Désigner un délégué à la protection des données. Ce poste est obligatoire depuis la mise en vigueur de la réglementation GDPR.

6. Mettre en place un plan de réponse en cas de cyberattaque. L’information des clients est obligatoire afin de protéger la réputation de l’entreprise, de préserver ses relations commerciales et d’éviter les pertes financières.

7. S’entourer d’experts : l’accompagnement par des professionnels de l’informatique pour un diagnostic du système en amont et, au pire, en cas de cyberattaque, est bien sûr nécessaire. Il ne faut pas oublier l’importance du conseiller en communication pour maintenir la réputation de l’entreprise et d’un avocat pour gérer les relations avec les tiers.

source: www.capital.fr

reportage de cash investigation : révélateur d’une économie française sous domination étrangère

voila quelques temps que je n’avais pas pris la plume concernant l’actualité économique. le reportage de cash investigation diffusé le 3 mars 2015 sur france 2 a mis en lumière un phénomène déjà présent depuis une bonne dizaine d’années dans notre économie: la dépendance de notre économie vis à vis des fonds de pensions américains.

Thierry Ardisson, le 25 septembre 1999 disait déjà, « tout le monde le sait, ce sont les fonds de pension américains qui gouvernent la France ». Bernard Pivot, le 26 septembre 1999, « on dégraisse les ouvriers français pour engraisser les retraités américains ». Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, le 12 septembre 1999, « les fonds de pension n’ont aucune moralité ! Ce qui les intéresse, c’est leur taux de rentabilité pour leurs actionnaires »

que faisons nous depuis la fin des années 90 pour corriger le tir ? pas grand chose….la bpi….c’est timide comparé à la puissance des milliers de milliards des fonds de pensions américains qui pompent le cash des fleurons français pour les démanteler et les délocaliser.

le débat au delà du fait de notre gouvernance économique et de notre indépendance vis à vis des états-unis est la problématique de l’emploi. eh oui ce phénomène détruit nos emplois industriels de façon massive venant garnir notre armée de chômeurs.

pourtant une solution à ce problème d’envergure est toute trouvé : l’épargne financière des français est de 4000 milliards d’euros ! placés dans les livret A, LDD, PEL, assurance vie peu rémunérateurs l’argent dort en France alors qu’il pourrait financer l’économie française, la développer, lui faire retrouver son influence d’antan.

mais pour cela il faudrait procéder à une reforme structurelle majeure : instaurer les fonds de pension de retraite en France et ainsi ouvrir la voix à la retraite par capitalisation. oh mon dieu quels mots ai-je osé prononcer ? des gros mots oui pour résoudre les gros MAUX de la France. quel homme politique aurait le courage de casser notre système de retraite instauré en 1945 en déliquescence ?  la France se meurt et personne n’a le courage de faire les véritables réformes structurelles qui boosterait de façon systémique notre économie.

les sparadraps, la baisse du cours du pétrole, et la baisse du cours de l’euro ne suffiront pas à diminuer le chômage.

ces fonds de pensions français pourraient aussi permettre de se réapproprier notre dette d’état afin de diminuer les risques d’avoir une politique économique et sociale dicté par d’autres puissances étrangères.

Un rapport en 2013 de Paris Europlace qui fédère la Caisse des dépôts, la Banque de France, la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, la Fédération bancaire française, Euronext, la région Île-de-France, et la mairie de Paris fait le même constat mais élude complétement la question de la retraite par capitalisation avec fonds de pensions de retraite dans la recherche de solutions. c’est un grand manque de discernement ou bien un courant politique français (libéral) manquant.

source : http://www.paris-europlace.net/files/Rapport_FINECO_Paris_EUROPLACE.pdf

en effet qui représente le courant libéral en France ? personne ! il y avait un temps Mr madelin mais celui-ci a abandonné la politique.

entendons-nous…..libéral en France c’est le parti démocrate aux états-unis 🙂

dans un échiquier politique où les français sont de plus en plus tentés par les extrêmes car les partis de gouvernement n’ont aucun courage politique et aucunes solutions à apporter à nos MAUX ils seraient peut être temps que ceux-ci se réforment pour sauver notre économie.

en effet, combien de fois l’actualité économique nous montre la déliquescence de notre modèle ? et pourtant rien est fait….délocalisation, chute de notre compétitivité, déficit de notre balance commerciale abyssale, explosion du chômage, aéroports vendus aux chinois, nos fleurons industriels vendus à des fonds de pensions étrangers qui détruit l’emploi…..alerte rouge ! RÉFORMEZ !

 

 

Le traité transatlantique va réorganiser le commerce mondial au profit des Etats-Unis

Le traité transatlantique, voulu par les Etats-Unis, va aboutir à définir des normes mondiales pour les produits industriels. Elles s’imposeront ensuite aux autres accords commerciaux, avec la zone pacifique, notamment. par Thomas Porcher et Frédéric Farah, économistes et auteurs de « TAFTA : l’accord du plus fort (éd. Max Milo) »

Le projet du grand marché transatlantique est en préparation depuis plus de vingt ans, mais il a subi une nette accélération depuis 2009. Cette accélération des négociations s’est faite dans un contexte de bouleversement économique et géopolitique mondial avec la montée en puissance de la Chine et d’autres pays émergents. Mais, dans cette alliance stratégique visant à redéfinir la gouvernance économique mondiale, l’Europe semble être le pion des États-Unis.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États ont essayé de donner des règles au commerce international. Afin que l’ensemble des pays soient traités sur un pied d’égalité, le GATT a mis en place un certain nombre de principes : réciprocité, transparence et diffusion de la clause de la nation la plus favorisée. Cette clause veut que lorsqu’un pays accorde une faveur, notamment tarifaire, à un autre pays, il l’accorde à tous les pays commerçant avec lui et que les producteurs étrangers soient soumis aux mêmes règlementations que les producteurs nationaux. Le but du GATT, puis de l’OMC, était clairement affiché : développer un cadre pour favoriser le multilatéralisme.

Un multilatéralisme de façade

Mais derrière les beaux principes de fond comme de forme – négociations transparentes et mobilisation du plus grand nombre de pays -, le multilatéralisme n’a jamais eu lieu. Les pays riches ont souvent établi l’ordre du jour des négociations et ont fait en sorte de sortir vainqueur dans le marchandage des règles à fixer. Par exemple, ils ont toujours accepté de libéraliser les secteurs nécessitant des technologies (car eux seuls les avaient) et ont refusé d’ouvrir les secteurs où ils pouvaient être concurrencés (agriculture et textile). Même droit ne veut pas dire même possibilité. Le multilatéralisme prôné par le GATT, puis par l’OMC, n’efface pas la domination des pays riches. Il faut être bien naïf pour penser que dans les rounds de négociations, le Mali a autant de pouvoir que les États-Unis ou le Royaume-Uni.

La réalité est que si l’on considère l’Europe comme un pays, les négociations de l’OMC ressemblaient plus à des discussions bilatérales. Les chiffres l’attestent : jusqu’à la fin des années 80, les trois quarts du commerce des pays industrialisés étaient réalisés avec d’autres pays industrialisés.

Une véritable « pactomanie » commerciale

Ce multilatéralisme de façade ne profitant qu’à une poignée de pays va être perturbé par l’entrée de la Chine à l’OMC en 2001. Alors que la plupart des dirigeants américains ou européens, pensant que les exportations de leurs pays allaient envahir la Chine, avaient soutenu son entrée, on a assisté à un mouvement de délocalisation des entreprises de ces pays vers la Chine. D’autres pays émergents comme le Brésil et l’Inde font leur place dans le commerce international et ne laissent plus les européens ou les américains leur imposer l’ordre du jour des négociations à l’OMC, comme l’a montré récemment le veto de l’Inde à l’accord de Bali. Dans le commerce mondial, la part relative des échanges nord-nord s’affaiblit tandis que le poids des pays émergents continue de croitre.

C’est dans ce contexte que l’on assiste à une tentative de rapprochement des États-Unis avec la Chine. Mais, malgré des relations d’interdépendance économique et financière, une entente sur les normes de production semble sans avenir tant les processus de production diffèrent. Et puis la Chine est un rival économique et militaire. Les États-Unis, par-delà un budget militaire sans équivalent, développent une véritable diplomatie commerciale. Ils veulent promouvoir, après la pactomanie de la guerre froide – c’est-à-dire des alliances militaires pour endiguer l’URSS pendant cette période -, une pactomanie commerciale : deux immenses traités avec les puissances du Pacifique et de l’Europe pour contenir la Chine.

Le traité transatlantique va aboutir à des normes mondiales

Mais les multinationales des États-Unis n’avaient pas intérêt à ce que le traité transpacifique soit signé avant le traité transatlantique. En effet, les pays du Pacifique connaissent généralement des normes de production et de consommation moins contraignantes que les normes américaines (les négociations portent en général sur une diminution de la contrainte des normes, comme auparavant sur la diminution des droits de douane). Un succès des négociations avec les pays du Pacifique, par l’instauration de normes moins contraignantes, aurait amené les grandes entreprises américaines à s’ajuster sur les normes des pays du Pacifique et à en subir les coûts d’ajustement.

Il faut donc commencer par l’Europe. Car l’établissement de normes communes (normes de consommation et de production) entre les États-Unis et l’Europe en feront des normes mondiales, y compris pour le Pacifique, y compris pour la Chine. Le marché transatlantique sera ainsi le producteur de normes mondiales (standards maker). Il sera alors possible pour le gouvernement américain de négocier avec les pays du Pacifique sans devoir abaisser sa réglementation – valant désormais pour tous les pays – donc sans mutation majeure des techniques américaines de production. Les grandes entreprises des pays industriels du Pacifique seront alors en position de standards taker et devront adapter leurs techniques sous peine d’être exclues des marchés européen et américain.

source : http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20141106trib47501fa01/le-traite-transatlantique-va-reorganiser-le-commerce-mondial-au-profit-des-etats-unis.html

Lobbies du tabac: deux députés PS et UDI déposent un amendement avantageant Philip Morris

Le centriste Charles de Courson et le socialiste Jean-Louis Dumont proposent un amendement qui avantage le fabricant de Marlboro. Et fait perdre 120 millions d’euros à l’Etat.

A l’Assemblée nationale, l’industrie du tabac a toujours de belles entrées. Les discussions pour le projet de loi de finances de 2015 ont débuté la semaine dernière. Et les débats publics commencent jeudi matin dans l’hémicycle. Deux députés, de l’opposition et de la majorité, ont déposé exactement le même amendement (ici et ici) pour modifier la fiscalité sur les cigarettes. Le socialiste Jean-Louis Dumont et le centriste Charles de Courson, souhaitent limiter les taxes sur le tabac alors qu’elles doivent augmenter au 1er janvier prochain. Concrètement, ce texte conduit à ce qu’une partie des taxes sur le tabac n’augmente plus mécaniquement avec la hausse des prix.

La semaine passée, le député socialiste élu de la Meuse s’était déjà vu refuser en commission sa proposition par la rapporteure du Budget, la députée PS Valérie Rabault. « Votre amendement avantagerait certaines marques de tabac par rapport à d’autres » avait-elle lancé à Jean-Louis Dumont. En clair, il réduirait la fiscalité pour le géant Philip Morris sans agir sur celle de ses concurrents. Selon l’un d’entre eux, le manque à gagner pour l’Etat serait de 120 millions d’euros!

« Les lobbys jouent leur rôle »

Cette proposition « garantira une meilleure protection des recettes fiscales de l’Etat des politiques tarifaires des fabricants de cigarettes », assurent les deux parlementaires dans leur exposé écrit. Mais par oral, leurs explications sont plus fumeuses. « Oui, j’ai discuté avec les cigarettiers et pas que Philip Morris », assure Charles de Courson, député de la Marne, qui ajoute : « Les lobbys jouent leur rôle ». Son collègue socialiste ne dit pas autre chose, mais avec plus de gêne. « Oui, j’ai reçu une aide extérieure », reconnaît-il. De Philip Morris? « Peu importe » botte-t-il en touche.

Leurs amendements sont identiques, au mot et à la virgule près. Son impact n’est pas très clair. Protéger les recettes fiscales du tabac qui baissent de 200 millions cette année est l’objectif fixé. « L’importation de cigarettes pèse 25% du marché » tente de justifier Charles de Courson, répétant la rhétorique de Philip Morris sans pouvoir l’expliquer. « Je ne sais pas pourquoi cela protège les taxes » lâche benoîtement son homologue socialiste, ajoutant qu’il attend « la position du secrétaire d’Etat au Budget, Christian Eckert ».

En réalité, cet amendement télécommandé par Philip Morris vise à contrer la hausse des prix qui doit intervenir au 1er janvier. En limitant la hausse des taxes, le fabricant de Marlboro espère pouvoir maintenir son prix de vente à sept euros. Encore un casse-tête pour le gouvernement.

source : http://www.lejdd.fr/Politique/Enfumes-par-Philip-Morris-deux-deputes-deposent-le-meme-amendement-pour-modifier-la-fiscalite-sur-les-cigarettes-694530

Secret des affaires : du progrès en vue

Le 16 juillet 2014, plusieurs dizaines de députés – menés par Jean-Jacques Urvoas, ont déposé une proposition de loi visant à protéger le secret des affaires.

Ce texte était attendu par les praticiens de l’intelligence économique depuis longtemps et il faut avouer que la proposition se démarque sensiblement du texte adopté le 23 janvier 2012 par l’Assemblée nationale à l’instigation de Bernard Carayon. Il est vrai que la Commission Européenne a déposé un projet de directive, le 28 novembre 2013, dont les rédacteurs de la proposition de loi ne pouvaient pas ne pas tenir compte.

Les rédacteurs ont d’abord précisé, quelles étaient les informations protégées par le texte et qui doivent remplir cumulativement les conditions suivantes :
• Être non publiques c’est-à-dire difficilement accessibles pour une personne dans un domaine d’activité traitant habituellement de ce genre d’information ;
• Avoir une valeur économique découlant du potentiel scientifique et technique, des positions stratégiques, des intérêts commerciaux et financiers ou de la capacité concurrentielle de leur détenteur ;
• Faire l’objet de mesures de protection raisonnables, compte tenu de leur valeur économique et des circonstances, pour en conserver le caractère non public.

Puis, les rédacteurs ont imaginé un régime de responsabilité civile en prévoyant notamment la possibilité pour la victime, dans certaines conditions, de recevoir les économies et/ou les bénéfices réalisés par l’auteur de l’atteinte. Ils ont également organisé des procédures d’urgence comme le référé et écrivent que cette loi est applicable « quelle que soit la loi régissant les rapports entre les parties, dès lors que l’obtention, l’utilisation ou la révélation du secret des affaires a eu lieu ou risque de se produire en France. »

Enfin, les rédacteurs ont redéfini l’infraction pénale, qui est désormais libellée ainsi « Le fait pour quiconque de prendre connaissance ou de révéler sans autorisation, ou de détourner toute information protégée au titre du secret des affaires au sens de l’article L. 151-1 du code de commerce est puni de 3 ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende. » Le régime pénal est complété également par des dispositions aggravant dans certains cas les peines ou en prévoyant des peines complémentaires, mais également écartant l’infraction dans certains cas comme par exemple « À celui qui informe ou signale aux autorités compétentes des faits susceptibles de constituer des infractions aux lois et règlements en vigueur dont il a eu connaissance »

Ce texte est de loin le meilleur de qui a été fait en France depuis plusieurs années et il faut donc l’appuyer en sachant que les travaux parlementaires devraient gommer les imperfections qui subsistent.

source : http://blogs.lesechos.fr/intelligence-economique/secret-des-affaires-du-progres-en-vue-a14957.html#LDvV1ZoCm3JuSp3a.99

L’e-réputation : générateur de chiffre d’affaires ?

Quand on parle d’e-réputation, on adopte très souvent une posture défensive : « il faut préserver le capital confiance entre la marque et ses clients », « il faut surveiller ce qui se dit sur la toile », « l’e-réputation permet d’anticiper les bad buzz »…. Étonnamment, on aborde moins la gestion de l’e-réputation comme un vecteur possible de croissance et d’augmentation du chiffre d’affaires d’une entreprise.
Pourtant, lorsqu’une entreprise a une maîtrise intelligente de son e-réputation, lorsqu’elle offre des espaces de dialogue bien pensés pour ses clients, elle peut alors utiliser son e-reputation comme un levier pour augmenter son carnet de commandes et donc son chiffre d’affaires.
Pourquoi et comment l’e-réputation peut contribuer à la réalisation des objectifs commerciaux d’une entreprise ? C’est l’objet de cet article.

1. Comprendre le parcours d’achat de l’internaute

Le comportement d’achat des internautes diffère peu de celui des clients traditionnels. Que l’on soit un internaute ou un client « classique », nous passons tous par trois grandes étapes avant d’acheter un produit ou un service.

1. L’identification du besoin et le recueil d’information.  Mis à part les achats pulsionnels, nous achetons tous des produits ou des services parce qu’ils correspondent à un besoin que nous avons identifié.  Par exemple, le jour où votre téléviseur rendra l’âme, vous vous mettrez en quête d’un nouvel appareil car vous avez identifié cet achat comme correspondant à un véritable besoin.
Dès lors que vous avez identifié ce besoin, vous entrez dans une seconde phase : le recueil d’information.

2. Le recueil d’information. En cas d’incertitudes, de risques perçus ou de défiance vis à vis d’une catégorie de produits ou d’une marque, le client va chercher à se rassurer en recueillant un maximum d’information sur le produit ou le service qu’il s’apprête à acheter.

Identite-numerique

L’e-réputation peut-être un levier business important

3. Comparaison et sélection. Une fois le recueil d’information terminé, le client ou l’internaute va chercher à comparer ce que les commerçants lui proposent en fonction de la pertinence des produits par rapport à son besoin, au prix proposé, aux services associés et… en fonction de la confiance que le client a dans l’entreprise en question. Pour autant, même si le parcours d’achat d’un client est basé sur une certaine forme de rationalité (identification d’un besoin, recueil d’information, comparaison et sélection), il faut aussi souligner le fait que cette rationalité est limitée. Un client n’achètera pas forcément son téléviseur chez le commerçant qui a le meilleur rapport qualité/ prix, qui est effectivement celui qui propose le meilleur service après vente ou les meilleures preuves de sérieux… mais chez celui en qui il estime avoir le plus confiance.  C’est sur ce point de la gestion de la confiance que l’e-réputation a une vraie influence sur le chiffre d’affaire d’une entreprise.

2. Quelle est la place du bouche à oreille électronique dans ce parcours d’achat ?

Que ce soit dans une boutique physique ou sur une plateforme numérique, les clients font appel à des prescripteurs pour les rassurer dans les différentes phases du processus d’achat que nous avons rapidement énumérées ci-dessus. D’ailleurs les chiffres le prouvent, 81 % des internautes recherchent des informations avant d’effectuer un achat sur internet. (baromètre Fevad, 2009)
Ces informations, ils ne vont pas les recueillir n’importe où, ni auprès de n’importe qui. Les internautes vont chercher à emmagasiner un maximum de savoir sur un produit ou un service auprès de prescripteurs qui peuvent être des personnes (amis, connaissances qui disposent d’une expertise particulière) mais aussi d’autres entreprises (site d’information spécialisée, sites marchands), des institutions (associations de professionnels, salons, portails d’information officiels…) et bien entendu sur divers outils qui composent le Web 2.0 : forums spécialisés ou non, réseaux sociaux, blogs…

Les internautes sont particulièrement friands de l’avis et des recommandations en ligne de ces prescripteurs parce qu’ils vont les utiliser pour se rassurer et pour réduire les efforts cognitifs liés au processus d’achat. Dis plus simplement, les internautes vont rechercher chez des prescripteurs légitimes une opinion avisée, des arguments pour se rassurer, une façon d’obtenir une information plus rapidement….

Amazon a fait des avis clients le cœur de son business

Amazon a fait des avis clients le cœur de son business

Ces prescripteurs par les avis ou les évaluations qu’ils laissent sur leurs blogs, sur des sites d’actualité, sur les réseaux sociaux, dans les forums et même sur les sites marchands, influent énormément sur le processus d’achat des internautes.
Selon une étude menée par des chercheurs américains en 2006, une évaluation positive par un ou plusieurs prescripteurs sur un produit ou service entraîne presque systématiquement une augmentation des ventes de ce produit ou de ce service. A l’inverse, il semble que les commentaires ou les avis négatifs aient une influence encore plus grande en dissuadant fortement les internautes d’acheter le produit ou le service qui a été mal évalué.

Dans ce contexte, on comprend mieux que ce qui se dit sur une organisation sur le web ou ailleurs à un impact direct sur ses résultats commerciaux. Vous n’êtes pas convaincu ? Dans ce cas, faisons parler quelques chiffres ;-)

3. Les chiffres des avis clients en ligne

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Cette première statistique, issue d’une infographie réalisée par Olimeo, prouve une chose : les avis clients ont une influence directe sur l’acte d’achat d’un internaute. C’est en se basant sur l’utilité de ces avis que celui-ci va choisir un produit plutôt qu’un autre. Pour autant ces chiffres sont à actualiser. Si les internautes estiment que ces avis sont utiles, ils sont moins  nombreux à penser qu’ils sont fiables. Une étude de Tesntrust publiée en 2012 confirme cette tendance. 93% des internautes étaient convaincu de la fiabilité des avis clients en 2010, ils ne sont plus « que » 89% en 2012 à avoir cette opinion.

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Un consommateur se base très rarement sur l’avis d’un seul individu pour se décider à acheter un produit ou de souscrire à un service.  La très grande majorité des internautes (74%) ont besoin de 2 à 7 avis pour faire un choix.
Il est donc nécessaire pour les entreprises de ne pas brider la parole des individus sur les espaces de discussion qu’ils peuvent laisser sur leur site web. Plus les internautes ont accès à un nombre d’avis important plus ils se décident rapidement. Pour autant il faut aussi remettre en perspective cette statistique. Tous les avis, toutes les évaluations n’ont pas la même légitimé aux yeux des internautes. La critique d’un site web spécialisé, d’un journaliste ou tout simplement d’un blogueur influent aura un impact potentiellement plus important sur la décision d’achat d’un internaute et équivaudra à plusieurs dizaines d’avis de clients « lambdas ».

Statistique 1

Contrairement à certaines idées reçues, la majorité des internautes (67%) évaluent, commentent ou donnent leur avis sur les produits ou services qu’ils ont testés.  Cependant et encore une fois, il faut actualiser cette statistique. Si les internautes continuent bel et bien à donner leur avis et partager leur expérience, leur nombre tend à diminuer. Ils étaient 67% en 2010, ils ne sont plus « que » 61% en 2012 selon l’étude produite par Testntrust Au fil des années, les supports de communication changent aussi. S’il y a 10 ans, les internautes partageaient majoritairement leurs avis par le biais d’un blog ou d’un forum, ils ne sont plus « que » 17% à passer par ces supports aujourd’hui. La majorité (21%)  ont préféré en 2012 parler des produits ou services d’une entreprise sur un réseau social.
Néanmoins cette tendance ne doit pas amener à négliger les avis laissés sur les forums ou sur des blogs bien au-contraire. Pour une entreprise, l’avis d’un blogueur ou d’une dizaine de contributeurs d’un forum  doit être regardé avec autant d’attention que la critique souvent  peu détaillée d’un tweet ou d’un client sur leur page Facebook par exemple.

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Cette dernière statistique est intéressante car elle prouve un lien de causalité directe entre la progression du taux de transformation, l’augmentation du panier moyen et les avis/ recommandations clients en ligne.
Ces chiffres sont d’ailleurs confirmés par une étude plus récente publiée par le cabinet Nielsen en 2012.  Dans les résultats de celle-ci, 92% des consommateurs dans le monde disent faire confiance aux diverses formes de recommandation sociale : bouche à oreille, avis d’un influenceur, recommandation d’une communauté…   Dans le même temps, du côté des formats publicitaires classiques, la confiance des internautes s’essouffle. Ils ne sont que 47% à faire confiance aux médias traditionnels et payants comme la télévision, la radio ou la presse. Concernant la publicité en ligne, les chiffres sont encore plus mauvais. Seuls 33% des consommateurs font confiance aux bannières publicitaires dans le monde, ils ne sont même que 15% en France.

Il y a donc un lien de causalité entre avis client et chiffre d’affaires notamment parce qu’il existe une crise de confiance vis à vis des médias traditionnels. Paradoxalement, les budgets accordés à la veille et à la gestion de l’e-réputation sont encore les parents pauvres des directions communication et marketing des entreprises. A l’inverse, les budgets accordés aux supports publicitaires traditionnels ont augmenté de 7% en 2012 par rapport à 2010 alors même que leur efficacité tend à s’essouffler.

4.  Les faux avis clients : la plaie du web social

Si les diverses statistiques énumérées ci-dessus prouvent un lien direct entre objectifs commerciaux et gestion de l’e-réputation par le biais des avis clients en ligne, celles-ci doivent tout de même être relativisées par rapport au phénomène des faux avis clients.

Comprenant les enjeux business autour des avis clients laissés sur les plateformes numériques, des professionnels peu scrupuleux n’hésitent  pas depuis plusieurs  années déjà à rédiger de faux commentaires pour encenser leurs produits ou au-contraire pour descendre la concurrence  sur des sites web comme Mistergooddeal.com, Amazon.fr, l’Internaute ou encore TripAdvisor.  Ces mauvaises pratiques se concentrent notamment dans deux secteurs où les avis clients sont particulièrement pris en compte : la restauration et le tourisme.
Au-cours d’une table ronde le 22 février dernier, Sophie Bresny, adjointe au directeur du Centre de surveillance du commerce électronique de la DGCCRF a pris en exemple un site web spécialisé dans la recommandation de restaurants. Ce site  qui comptabilise plus de 1,5 million de visiteurs uniques par mois avait été épinglé par la DGCCRF pour avoir fait de la fabrication de faux avis clients, une pratique courante afin de créer encore plus de trafic sur son site.
Cette tromperie du consommateur s’est industrialisé avec le temps.  Fin 2012, des journalistes de Rue89 ont même démontré que des agences spécialisées dans l’e-réputation (sic) ou des agences de relation presse n’hésitaient pas contre 2000 ou 2500 € à rédiger des commentaires totalement bidons pour le compte de leurs clients.

recommandation sociale

Les faux avis : la plaie du web social

Depuis ces dernières années, ces faux commentaires ont grevé la confiance des internautes dans l’intérêt de la recommandation sociale des produits ou des services d’une entreprise.  Toujours sur la base de l’étude de Testntrust, seuls 19% des internautes déclarent  lire systématiquement les avis en ligne (ils étaient 24% en 2010). S’ils sont toujours nombreux à penser que les avis sont fiables voire très fiables (81%), ce chiffre  est tout de même en net recul (89%  des internautes estimaient que les avis clients étaient fiables voire très fiables en 2010).

Face à cette problématique des faux avis clients, les politiques ont mis du temps à réagir. La question de la fiabilité des avis clients en ligne a été posée pour la première fois en France par Frédéric Lefebvre, ex-ministre du commerce, après notamment qu’en 2011 le site de voyages TripAdvisor ait été accusé de laisser publier de fausses expériences des consommateurs.
Depuis quelques mois, les choses tendent à s’accélérer. L ‘AFNOR (Association française de normalisation) a décidé de prendre le problème à bras le corps en étant à l’initiative d’un projet de création d’un nouveau label pour garantir la qualité des avis consommateurs en ligne.
Rédigé par une commission, ce label ne pourra être obtenu que par les sites internet qui pourront apporter la preuve de l’identité du donneur de l’avis et de la possibilité de le joindre. Ils devront aussi fournir la preuve que l’internaute a bien consommé le produit ou le service en question. Ces sites web auront même la possibilité de faire appel à un entreprise de certification indépendante pour prouver qu’ils appliquent réellement ces bonnes pratiques.  Les entreprises qui mettront en avant ce label sans en respecter les termes verront leur responsabilité mise en cause en cas de contrôle.

Conclusion :

Lorsqu’un internaute souhaite acheter sur le web, il passe par diverses étapes. Toutes ces étapes suivent un parcours rationnel (quel est mon besoin? quel est mon budget? quelle entreprise garantie le meilleur rapport qualité/prix?) mais autour duquel viennent s’ajouter d’autres éléments tout aussi importants : l’image et la confiance que les internautes ont dans les entreprises qu’ils ont sélectionnées. En scrutant ce qui se dit sur elle sur le web, une entreprise pourra prendre la parole au bon moment en identifiant les espaces de discussion adéquats autour de ses produits et de ses services. Il lui sera alors possible d’accompagner ses clients dans leur processus d’achat en leur donnant confiance en sa parole et donc en ses produits.
Cette prise de parole est nécessaire dans un monde numérique où les pratiques d’achat des internautes ont changé. Beaucoup mieux informés qu’hier, ils n’hésitent pas à remettre en cause la parole des entreprises et ils font de moins en moins confiance aux supports publicitaires classiques . A l’inverse, l’avis, les évaluations d’individus ou d’institutions légitimes à leur yeux à un impact direct sur leur décision d’achat et leur panier.
Pour autant, les internautes ont aussi gagné en maturité. Ils n’ont plus une confiance aveugle dans les avis des autres clients ou d’autres entités (associations, blogueurs, journalistes…). A ce titre, les faux avis clients sont une vraie plaie dans cette « économie de la recommandation » qu’ils convient d’enrayer pour permettre aux entreprises vertueuses de sortir du lot et d’être récompensées pour la qualité de leurs prestations ou de leurs produits.

source : http://blog.alerti.com