Le quai d’orsay, nouveau relais d’influence économique?

l’ESC Grenoble vient de publier une note géopolitique très intéressante que je tenais à vous résumer et vous faire partager.

Le sujet porte sur la notion de diplomatie économique présente dans les pays anglo-saxons depuis fort longtemps et étrangement absente dans l’agenda des ambassadeurs.

En effet, il semble que le Gouvernement français a enfin compris les enjeux majeurs de la puissance économique au sein de la diplomatie française.

Lors de la XXe conférence des ambassadeurs à la fin du mois août 2012, François Hollande et Laurent Fabius ont décidé d’initier une démarche qui veut que la diplomatie française inclut l’économique et le « soft power » dans ses prérogatives. C’est une transformation majeure dans notre stratégie d’influence.

L’autre enjeu majeur est d’inclure la notion de « diplomatie d’entreprise » ou public affairs, dans nos entreprises françaises présentes à l’international afin de maîtriser son écosystème concurrentiel, géoéconomique, et sociétal.

Je vous renvoie à la notion des échiquiers invisibles des puissances développé par Christian Harbulot dans son livre « la main invisible des puissances ».

La notion d’intelligence économique entre donc enfin au quai d’Orsay.

Vu le gouffre que représente notre déficit du commerce extérieur (en 2011 le déficit commercial de la France atteint 69,59 milliards d’euros), il était temps de prendre des mesures pour aider nos entreprises françaises à mieux exporter dans un contexte économique mondial qui se complexifie.

Cela implique que le quai d’Orsay doit s’approprier de nouvelles compétences qui lui était jusqu’à maintenant inconnues.

Le ministère des affaires étrangères serait-il le nouvel eldorado des consultants en Intelligence Economique? Ou bien un nouveau champ de compétences pour les énarques?

voici un extrait d’un entretien de Laurent Fabius avec « France Inter » à la suite de la 20e conférence des ambassadeurs :

Q – Avant de revenir à quelques dossiers plus lourds et aux questions des auditeurs, un mot Laurent Fabius sur ce que vous avez lancé il y a quelques jours : la diplomatie économique. Il s’agit de soutenir les entreprises françaises sur les marchés extérieurs. Il y aura une direction créée spécialement au quai d’Orsay. N’y a-t-il pas déjà des ministères qui s’occupent déjà de cela ?

R – Bien sûr, mais c’est une tâche pour l’ensemble du gouvernement. La situation est critique puisque notre déficit commercial est de 70 milliards d’euros, c’est considérable ; rien qu’avec la Chine, 27 milliards d’euros de déficit. Il faut donc évidemment redresser la barre et il faut que tout le monde s’y mette. Ce plan de diplomatie économique, cela veut dire qu’il faut soutenir davantage les PME. Il y a un certain nombre de grandes entreprises qui portent sur leurs épaules des PME à l’exportation mais pas suffisamment. Cela veut dire aussi que le Quai d’Orsay lui-même fasse davantage. Cela veut dire que les ambassadeurs doivent être vraiment les chefs de la cellule export. Cela veut dire qu’il faut, dans tous les domaines, appliquer le principe de réciprocité.

J’ai sollicité à quelques grandes personnalités qui ont eu la gentillesse d’accepter de suivre nos relations : Jean-Pierre Raffarin, qui le faisait déjà très bien avec l’Algérie ; Martine Aubry, avec la Chine ; Louis Schweitzer, avec le Japon ; Pierre Sellal, qui est le Secrétaire général du quai d’Orsay, avec les Émirats Arabes Unis. Bref, tout le monde est sur le pont !

lien de la note géopolitique de l’ESC Grenoble (Géopolitique, économie et entreprises) :

web: bit.ly/PCnR2S

pdf: bit.ly/UkCCaQ

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *